La Littérature Sous La Dynastie Des Lê Restaurés

21 Tháng Năm 20142:54 SA(Xem: 3580)

En 1592, le trône des empereurs Lê fut restauré, mais de nom seulement, par son puissant défenseur, la famille des Trịnh qui accapara le pouvoir en se transmettant de père en fils le titre de Vương (roi, prince). Une autre famille féodale, celle des Nguyễn, s’insurgea contre la dictature des Trịnh, et alla s’établir au Sud du Sông Gianh (province de Nghệ An), partageant ainsi le Việt Nam en deux royaumes : celui du Nord gouverné par les Trịnh, et celui du Sud gouverné par les Nguyễn.

De 1627 à 1674, ces deux familles féodales se firent la guerre presque sans interruption. Puis, épuisées toutes les deux, elles observèrent une trêve de cent ans. Malgré la guerre de Cinquante ans, et grâce à la longue trêve qui s’ensuivit, l’autorité des seigneurs Trịnh au Nord et des seigneurs Nguyễn au Sud restait relative solide jusque vers le milieu du XVIIIè siècle. Le confucianisme était plus que jamais la doctrine officielle de l’Etat, avec tendance à se momifier dans un conformisme plus attaché à la lettre qu’à l’esprit de l’enseignement du grand Maître. En fait, après le vigoureux épanouissement du siècle de Lê Thánh Tông, apparurent déjà, au cours de ces cent cinquante ans qui précèdèrent la grande tourmente de la fin du XVIIIè siècle, des signes de dégénérescence sénile d’une société fatiguée par les guerres intestines et désorientée par le spectacle des grands féodaux usurpant le pouvoir légitime de l’empereur. A la lutte héroïque pour l’indépendance nationale a succédé la guerre mesquine pour des appétits égoïstes. A la solidarité unanime autour d’un seul souverain légitime, a succédé la rivalité des factions ennemies. Il en résulta un affaiblissement de la conscience nationale dans une société restée par ailleurs figée dans le même mode de vie que durant les siècles précédents, et soumise à la même discipline morale.

Il n’est pas étonnant dès lors qu’on n’observe dans la littérature de cette époque de transition aucun changement notable par rapport à celle qui la précéda, si ce n’est que le nôm continuait à se détacher de sa gangue chinoise pour se rapprocher plus naturellement du parler populaire national.

Dans cette production littéraire le royaume du Nord, berceau de la civilisation de la race, occupa naturellement la plus large place. Le royaume du Sud, peuplé au début par des soldats, des colons et des prisonniers, n’y fut représenté que par quelques rares écrivains. Mais ni dans l’une ni dans l’autre de ces deux zones, aucun génie littéraire de premier ordre ne s’est fait remarquer au cours de cette période frappée de stérilité. Il faudra attendre la grande tourmente de la fin du XVIIIè siècle pour voir se déchaîner les passions, les grandes douleurs, les sublimes sacrifices aussi, qui detruiront de fond en comble l’ancienne structure sociale et réveilleront la fibre poétique endormie.

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