Bà Huyện Thanh Quan

21 Tháng Năm 20143:10 SA(Xem: 4845)

Bà Huyện Thanh Quan

 

On ne sait presque rien de cette grande poétesse, pas même son nom de jeune fille, ses dates de naissance et de mort. En consultant le registre généalogique de la famille de son mari, on apprend seulement que celui-ci se nommait Lưu Nghi, fut reçu licencié en 1821, et nommé sous-préfet de Thanh Quan, province de Thái Bình. Sa femme, qu’on appelle pour cette raison Mme la sous-préfète de Thanh Quan, a laissé un recueil de poèmes intitulé Nhàn Khanh thi tập (Recueil de poèmes de Nhàn Khanh) dont la réputation est parvenue jusqu’à la Cour. On sait ainsi que la poétesse a pris pour pseudonyme Nhàn Khanh, et que l’empereur Tự Đức l’a choisie pour être préceptrice au Palais Impérial.

 

Ses poèmes, d’une facture extrêmement soignée, révèlent l’état d’âme d’un sujet fidèle à la dynastie déchue des Lê dont le souvenir lointain la poursuit sans cesse, d’une femme aimante qui voudrait rester dans son foyer dont elle est trop souvent séparée par ses fonctions officielles, et enfin d’une philosophe désabusée qui ressent la vanité des choses humaines.

 

Ci-dessous nous allons citer trois poèmes qui mettent en lumière ces trois aspects de la psychologie de Mme la sous-préfète de Thanh Quan.

 

Thăng Long thành hoài cổ

 

Tạo hóa gây chi cuộc hí trường,

Đến nay thấm thoắt mấy tinh sương.

Lối xưa xe ngựa hồn thu thảo,

Nền cũ lâu đài bóng tịch dương.

Đá vẫn trơ gan cùng tuế nguyệt,

Nước còn cau mặt với tang thương.

Nghìn năm gương cũ soi kim cổ,

Cảnh đấy người đây luống đoạn trường.

 (Một vài nhận xét về Bà huyện Thanh Quan , p.57)

 

A la vieille cité de Thăng Long

 

Pourquoi le Créateur a-t-il suscité ce drame

Dont des jours innombrables, vite envolés, nous séparent déjà ?

Sur les chemins où se pressaient jadis les équipages, plane l’âme de l’herbe d’automne,

Et sur les ruines des vieux palais, se morfond l’ombre crépusculaire.

Les pierres restent inébranlables contre l’érosion du temps

Cependant que les eaux se rident de douleur devant les vicissitudes du monde.

Ce miroir de l’Histoire que nous lègue le passé

Me déchire les entrailles lorsque je visite la vieille Capitale.

 

Au moment où fut composé ce poème, la capitale de l’empire a été transférée de Thăng Long (Hanoi actuel) à Huế. De ce fait, l’ancienne cité impériale des Lê a beaucoup perdu de son antique splendeur, et l’auteur, en y faisant un pieux pèlerinage, ne put s’empêcher d’avoir le cœur serré devant ce témoin de l’écroulement d’un empire.

 

La première pensée qui lui vient à l’esprit est une pensée de révolte contre le Créateur qui a permis ces drames pour s’en amuser. Puis, reconnaissant la vanité de toute révolte contre la loi du changement perpétuel, le cœur apaisé, elle regarde mélan-coliquement les chemins où se donnaient les fêtes somptueuses de la Cour. Ses yeux de poète lui font voir l’âme de l’herbe automnale planer sur les chemins déserts, et la lumière crépusculaire qui semble partager la tristesse des palais en ruines. Bien plus, ces pierres immobiles, ce Grand Lac sur lequel les princes Trịnh aimaient à organiser des promenades nocturnes avec des musi-ciennes et des chanteuses par les nuits de pleine lune, lui semblent garder, comme elle, leur fidélité à l’ancien régime. Et le poème s’achève sur un soupir douloureux, où l’âme du poète communie avec l’âme de l’univers.

 

Chiều hôm nhớ nhà

 

Trời chiều bảng lảng bóng hoàng hôn,

Tiếng ốc xa đưa lẫn trống dồn.

Gác mái ngư ông về viễn phố,

Gõ sừng mục tử lại cô thôn.

Ngàn mai gió cuốn chim bay mỏi,

Dặm liễu sương sa khách bước dồn.

Kẻ chốn Chương đài người lữ thứ,

Lấy ai mà kể nỗi hàn ôn.

 (Op. cit. , p. 27)

 

Nostalgie au crépuscule

 

Mélancoliquement descend l’ombre crépusculaire

Cependant que du lointain me parvient le son du cor mélangé aux coups de tambour d’un poste de garde.

Le pêcheur, reposant sa rame, rentre à sa demeure lointaine,

Et le bouvier, frappant en cadence sur les cornes de son buffle, revient à son hameau solitaire.

Au-dessus des cerisiers qu’agite le vent, les oiseaux accélèrent leur vol malgré la fatigue.

Tandis que sur le chemin planté de saules humectés de brume le voyageur hâte son pas.

Sur ma route d’aventures, je pense à ceux qui restent au foyer :

A qui pourrai-je confier mes peines de cœur ?

 

L’auteur a probablement composé ce poème au cours de l’un des fréquents voyages qu’elle devait faire à Huế pour remplir ses fonctions de préceptrice au palais impérial. Tout ce qu’elle voit devant ses yeux réveille sa nostalgie : le pêcheur, le bouvier, le voyageur qui se hâtent de rentrer chez eux, et jusqu’aux oiseaux qui surmontent leur fatigue pour revenir à leurs nids. Et derrière ces portraits, une toile de fond mélancolique : le soir qui tombe au milieu d’un silence lugubre rendu encore plus lugubre par le son déchirant du cor et les coups assourdis de tambour d’un poste de garde perdu dans la brousse.

 

Đền Trấn Võ

 

Êm ái chiều hôm đến Trấn đài,

Lâng lâng chẳng bợn chút trần ai.

Ba hồi chiêu mộ chuông gầm sóng,

Một vũng tang thương nước lộn trời.

Bể ái ngàn trùng khôn tát cạn,

Nguồn ân trăm trượng dễ khỏi vơi.

Nào nào cực lạc là đâu tá ?

Cực lạc là đây chín rõ mười.

 (Việt Nam thi văn giảng luận, p.205)

 

Le temple de Trấn Võ.

 

Par un doux soir, j’arrive au temple de Trấn Võ

Dans sa splendeur pure de toute souillure du monde.

L’angélus du soir se mêle au grondement des vagues

Du lac au sein duquel le ciel à l’eau se confond.

L’océan immense de l’amour est impossible à vider,

Et le torrent impétueux des passions ne se laisse pas détourner facilement.

Où faut-il donc chercher le paradis ?

Mais c’est ici qu’on le trouvera, évidemment !

 

Le temple de Trấn Võ se trouve sur les bords du Grand Lac de Hanoi. L’auteur, en contemplant ce site grandiose, se surprend à penser : Le monde est agité de mille passions, qui ne font que ruiner la paix de l’âme. Et le bonheur véritable ne peut résider que dans cette tranquillité intérieure donnée par le spectacle de la nature sereine.


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