Chapitre III: La Littérature Sous Les Dynasties Des Lê Et Mạc.

21 Tháng Năm 20142:51 SA(Xem: 4193)

La dynastie des Lê, fondée en 1428 par Lê Thái Tổ, prospéra et atteignit son apogée sous le règne de Lê Thánh Tôn (1460 – 1497), puis périclita et se désagrégea en 1527 au profit de la dynastie des Mạc. Mais la majorité de la population restait fidèle au souvenir de l’empereur Lê Thái Tổ qui avait libéré la patrie de la domination chinoise, et considérait les Mạc comme des usurpateurs. Aussi ceux-ci n’ont-ils duré que jusqu’en 1592.

 

Durant les XVè et XVIè siècles qui couvrent cette période, la littérature se fait remarquer par les traits suivants :

 

1/. Le Confucianisme, devenu doctrine officielle, a défini-tivement relégué au second plan le Bouddhisme. Non seulement la communauté des bonzes n’a plus produit aucune écrivain remarquable, les auteurs laïques ne faisaient plus allusion à l’enseignement bouddhique que très rarement.

 

Le triomphe du Confucianisme était inéluctable, parce que cette philosophie pratique et réaliste, en défendant l’ordre de la société, les droits du chef de famille et ceux du chef d’Etat, servait merveilleusement les intérêts de la monarchie. Les souverains Lê ne s’y sont pas trompés, et ont fait tout leur possible pour honorer les lettrés : développement de l’instruction, dispense de corvée aux étudiants, organisation régulière des examens littéraires, honneurs multiples réservés aux lauréats : visite du Jardin Impérial, retour triomphal au village natal, nom gravés sur les stèles du temple de Confucius, etc . . .

 

Il ne s’ensuit nullement que le triomphe du Confucianisme ait exercé une heureuse influence sur l’état d’esprit des lettrés et sur la littérature qui en est le reflet.

 

Nous nous expliquerons sur le premier point à la fin de ce livre, quand nous étudierons dans son ensemble l’évolution de la classe des lettrés, depuis le Xè siècle jusqu’à la fin du siècle dernier.

 

Sur le plan littéraire, dont nous nous occupons uniquement ici, le triomphe du Confucianisme n’a pas eu d’heureuses réper-cussions. La doctrine officielle étant que la littérature devait servir de véhicule à l’enseignement de la morale (văn dĩ tải đạo), les écrivains de cette époque devaient se plier étroitement à cette exigence. Il en résulte deux conséquences fâcheuses :

 

a/ C’est la raison qui va prédominer comme source d’ins-piration, à l’exclusion du sentiment. La lecture des œuvres de cette époque donne en effet une impression de froideur raisonneuse qui élève l’âme certes, mais qui ne réchauffe pas le cœur .

 

b/ Le choix des sujets est aussi restreint : c’est tantôt de la morale domestique (Gia Huấn Ca de Nguyễn Trãi), tantôt de la morale sociale (Bạch Vân am thi tập de Nguyễn Bỉnh khiêm), ou encore ce sont des chants à la gloire de la paix, des travaux des champs, des sites pittoresques, des bienfaits du souverain, etc . . .

 

2/. La littérature en nôm, que nous avons vu faire ses premiers pas hésistants aux siècles précédants, va se développer plus vigou-reusement, concurremment avec la littérature en langue chinoise. Et dans cet effort de développement, nous pouvons discerner deux courants contraires :

 

a/ D’une part, la syntaxe du nôm reste encore quelque peu assujettie à l’égard de la syntaxe chinoise qui, on le sait, est radicalement différente de la syntaxe viêtnamienne. Il faut y voir évidemment un défaut de nos anciens lettrés qui étaient habitués à écrire en chinois et qui, lorsqu’ils se mirent à écrire en viêtnamien, furent naturellement enclins à y transposer les mêmes règles de syntaxe, même si elles choquaient la tournure de la phrase viêt-namienne. De même, on trouve dans la littérature en nôm de cette époque encore trop de mots chinois et d’allusions historiques ou littéraires chinoises.

 

b/ Mais d’autre part, les écrivains en nôm se sont efforcés, avec un louable effort, de donner au poème viêtnamien un rythme et une musicalité différents de ceux du poème classique chinois. On sait que la forme poétique la plus adéquate au génie de la langue viêtnamienne est le lục bát (six-huit), c’est-à-dire composé de couples de deux vers, le premier de 6 mots et le second de 8. Dans cette forme poétique, le dernier mot du premier vers rime avec le sixième mot du second vers, et le dernier mot de celui-ci rime avec le dernier mot du premier vers du couple suivant. Le six-huit, qui sera magnifiquement employé dans le célèbre roman de Nguyễn Du (Đoạn trường tân thanh) a d’ailleurs existé depuis l’antiquité.

 

Or, le poème chinois classique, celui qui a été légiféré sous la dynastie des T’ang, n’emploie que des vers de 5 ou 7 pieds. Nos poètes de XVè et XVIè siècles ont tenté, lorsqu’ils passèrent du chinois au nôm, de modifier ce rythme classique en lui donnant deux formes nouvelles :

- le lục thể (vers à 6 pieds)

- et le song thất lục bát (double sept et six-huit).

 

Le vers à 6 pieds s’est résolu par un échec, et ne sera plus utilisé à partir du XVIIè siècle. Par contre, le song thất lục bát (comprenant des groupes de 4 vers, les deux premiers étant des vers de 7 pieds et les deux suivant des vers de 6 et 8 pieds) a réussi brillamment. Il sera employé avec une merveilleuse virtuosité dans le Chinh phụ ngâm khúc de Đoàn Thị Điểm.

 

En résumé, on peut dire que la littérature de XVè et XVIè siècles :

 

1/ quant au font, était surtout moralisatrice et quelque peu froide.

 

2/ quant à la forme, a traversé une période d’édification pour le nôm d’où celui-ci sortira brillamment victorieux.

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