Chapitre I: La Littérature Sous La Dynastie Des Lý

21 Tháng Năm 20142:34 SA(Xem: 4140)

Nous commencerons notre étude par la dynastie des Lý (1010-1225), la première grande dynastie nationale. Avant elle, il y a eu une ère préhistorique longue de trente siècles, la domination chinoise durant dix siècles, puis les dynasties éphémères des Ngô (939-965) , Đinh (968-980) et Lê antérieurs (980-1009) qui n’ont presque rien laissé comme production littéraire.



Pendant la domination chinoise, le Confucianisme, le Boud-dhisme et le Taoïsme ont été presque simultanément introduits au Việt-Nam. Toutefois, lorsque le Việt-Nam eut recouvré son indépendance, les lettrés furent l’apanage quasi exclusif des bonzes. Sous la férule chinoise, très dure, bien peu de Viêtnamiens avaient eu en effet la possibilité de se livrer à l’étude pour accéder par là aux fonctions administratives, de sorte que les bonzes avaient été à peu près les seuls à cultiver les lettres pour étudier la doctrine bouddhique. Cet état de choses fut encore renforcé avec l’avènement des Lý. Lý Công Uẩn, le fondateur de cette dynastie, avait été en effet dans sa jeunesse élevé dans une pagode, et une fois monté au trône, grâce en partie à l’appui des bonzes, il fit tout naturellement prédominer le Bouddhisme à la Cour et dans le peuple. Ceci explique pourquoi une bonne partie de la littérature des Lý était soit l’œuvre des bonzes, soit d’inspiration bouddhique.



Néanmoins, le Confucianisme, si merveilleusement adapté au régime de la monarchie absolue, devait aussi nécessairement se développer. Dès l’an 1070, un temple fut construit pour être dédié au culte de Confucius, puis des concours littéraires furent organisés à partir de 1075 pour assurer le recrutement des mandarins.

Le nôm n’étant employé qu’à partir de la dynastie des Trần, toute la littérature des Lý fut naturellement écrit en langue chinoise.



Et même que plus tard les œuvres littéraires des Trần, celles des Lý furent presque en totalité incendiées ou emportées en Chine par les Chinois lors de leur grande invasion de 1407, de sorte qu’il n’en subsiste qu’une infime partie.



Le peu qui en reste suffit toutefois à nous donner une image remarquablement élevée de la littérature des Lý, peut-être la plus élevée sur le plan philosophique dans toute l’histoire de la littérature viêtnamienne. Elle est, comme nous l’avons dit plus haut, essentiellement d’inspiration bouddhique, mais d’un Boud-dhisme encore près des sources, pur de toute fioriture, déviation ou corruption qui l’entacherait plus tard. Le bouddhisme qui a été introduit au Việt-Nam sous la domination chinoise est, on le sait, le boudhisme du Grand Véhicule, et dans cette grande école, c’est la secte du Zen (Thiền tông禪宗) qui prédomine. La philosophie qui imprégnait la pensée viêtnamienne sous la dynastie des Lý, et par suite sa littérature, était justement la philosophie du Zen, une philosophie hautement intuitive, ayant pour objet la communion intime de chaque être avec le Cosmos. Il n’est pas question de la développer ici ; on verra certains de ses aspects dans les pages qui suivent.



Ce sur quoi nous voulons dès maintenant attirer l’attention du lecteur, c’est le caractère surtout philosophique de la littérature des Lý, qui l’oppose aux littératures des Lê et Nguyễn plutôt orientées vers le rationalisme et le sentimentalisme sous la poussée du Confucianisme et des malheurs du temps.

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