Nguyễn Cư Trinh

23 Tháng Năm 20142:10 SA(Xem: 2703)

Nguyễn Cư Trinh
(1716-1767)

Originaire de la province de Thừa Thiên (royaume du Sud). Reçu licencié en 1740. En 1750, il était gouverneur du Quảng Ngãi lorsqu’éclata la révolte des tribus montangardes de Đá Vách. Ses soldats redoutant les dangers d’une expédition hasardeuse, hésitèrent à s’aventurer dans la zone rebelle. Ce fut alors que pour exciter leur courage, il composa un dialogue en vers populaires (Sãi Vãi) où il fit parler un bonze et une bonzesse qui, bien que placés sous la protection de Bouddha, n’ont pas oublié leurs devoirs envers le pays.

Au début, le bonze fait semblant de courtiser la bonzesse pour l’éprouver. Repoussé avec indignation, il découvre ses batteries et lui expose ses idées sur les devoirs des citoyens, auxquels même les religieux ne doivent pas se dérober. Et les deux interlocuteurs rivalisent d’éloquence et d’érudition pour citer les faits historiques, glorifier les exploits des grands hommes et stigmatiser les crimes des traîtres.

Finalement la bonzesse, enthousiasmée, demande au bonze de lui indiquer le chemin du pays de Bouddha. D’une façon un peu inattendue, le bonze lui apprend que :

Le Sud n’est pas bien éloigné, mais barré par les tribus Đá Vách.

Rien qu’en y pensant, mes esprits s’épouvantent.

Pareils aux serpents, ces suvages massacrent les hommes comme des vers.

Là où ils arrivent, ils exterminent tout.

Ils pénètrent dans les villages pour tuer les hommes et piller leurs biens ; ils descendent dans les vallées pour s’emparer des buffles et des chevaux.

Đường Nam phương thấy đó chẳng xa, thì những sợ nhiều quân Đá Vách.

Tưởng thôi lạc phách, nhớ đến kinh hồn.

Nọ giết người như dế như trun; nọ hại người như rít như rắn.

Đến đâu là tảo tận ; bắt đặng ắt giết tươi.

Đã vào làng cướp của hại người, lại xuống nội đuổi trâu bắt ngựa.

(Sãi Vãi, page 107)

Mais la bonzesse hardiment lui réplique :

Il est enseigné dans les livres que les sauvages doivent être ramenés à l’ordre.

Le grand mandarin, responsible de toute une région doit le faire sous peine de couver un danger mortel pour plus tard.

Quant à moi, je dois sans retard faire mon salut, assurée qu’à force de limer une tige de fer je pourrai en faire une aiguille.

Tant pis pour ceux qui négligent leur foi religieuse,

Je saurai bien la maintenir solide dans mon cœur.

Restez ici si vous voulez,

J’irai chercher le Paradis dans le pays de l’Ouest.

Et vive notre roi Nguyễn !

Tant pis si l’on trouve que je prie Bouddha pour lui !

Kinh trung hữu thuyết : “Nhung địch thị ưng”.

Ai chịu quyền trọng trấn nhất phương, nếu không đánh

để sau sanh tệ.

Đạo tu lòng chẳng trễ, công mài sắt ắt nên.

Mặc ai xao lãng lòng thiền,

Đạo ta ta giữ cho bền thì thôi.

Thôi thời ông sãi hãy ngồi,

Tây phương vãi tới tìm nơi Thiên đường.

Muôn năm chúc tuổi Nguyễn vương,

Nam mô hai chữ phi thường mặc ai.

Sous la forme agréable d’un dialogue tantôt badin et tantôt sérieux, ce poème populaire est en réalité un véritable appel au patriotisme, à peine masqué sous l’étiquette de zèle religieux. C’est en somme un morceau de littérature de propagande à l’ancien mode, qui devait, comme toute autre forme de littérature, revêtir un habit poétique. Le peuple viêtnamien était si féru de littérature que la bonté d’une cause était jugée d’après la valeur littéraire des manifestes ou proclamations qui la soutenaient.

Sans être un chef d’œuvre, le dialogue du Bonze et de la Bonzesse est tout de même plaisant à lire, surtout pour les rudes soldats. Et Nguyễn Cư Trinh fut récompensé de son heureuse initiative, car le moral de ses troupes fut réconforté, et il réussit à pacifier les tribus révoltées.

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