Nguyễn Văn Giai

21 Tháng Năm 20143:41 SA(Xem: 4104)

Un lettré anticonformiste qui vivait à la fin du règne de Tự Đức. Il s’est fait connaître plus par les farces innombrables qu’il jouait à ses contemporains que par ses œuvres littéraires. Mais après la chute de Hanoi en 1882, où mourut héroïquement le gouverneur Hoàng Diệu mais où aussi s’étala hideusement la lâcheté de la plupart des mandarins civils et militaires, Nguyễn Văn Giai, le poète maudit, a saisi son pinceau vengeur pour flétrir l’ignonomie de ces “père et mère” du peuple, cupides et arrogants devant leurs administrés, mais prêts à lécher la botte de l’envahisseur. Son pamplet courageux, à défaut d’une grande valeur littéraire, a du moins l’intérêt d’un document historique de premier ordre qui nous renseigne très clairement sur le degré de pourriture de l’organisation politique et administrative du VN dans la seconde moitié du XIXè siècle.

 

Chính khí ca

 

 Một vừng chính khí lưu hình,

Khoảng trong trời đất : nhật, tinh, sơn hà.

 Hạo nhiên ở tại người ta,

 4 – Tấc vuông son sắt, hiện ra khi cùng.

 Hơn thua trong vận truân phong,

Nghìn thu để tiếng anh hùng sử xanh.

 Có quan tổng đốc Hà Ninh

 8 _ Hiệu là Quang Viễn, trung trinh ai bằng.

 Lâm nguy, lý hiểm đã từng,

 Vâng ra trọng trấn mới chừng ba năm.

 Thôn Hồ dạ vốn nhăm nhăm,

 12 _ Ngoài tuy giai tiếp, trong căm những là.

 Vừa năm Nhâm Ngọ tháng ba,

 Sáng mai mồng tám, bước qua giờ thìn.

 Biết cơ truớc đã giữ gìn,

 16 _ Hơn trăm vũ sĩ, vài nghìn tinh binh.

 Tiên nghiêm lên đóng trên thành,

 Thệ sư rót chén rượu quỳnh đầy vơi.

 Văn quan, vũ tướng nghe lời,

 20 _ Hầm hầm xin quyết một bài tận trung. 

 Ra oai xuống lệnh vừa xong,

 Bỗng nghe ngoài đã ầm ầm pháo ran.

 Tiêm cừu, nổi giận xung quan,

 24 _ Quyết rằng chẳng để chi đoàn chó dê.

 Lửa phun, súng phát bốn bề,

 Khiến loài bạch quỷ hồn lìa phách xiêu.

 Bắn ra nghe chết cũng nhiều,

 28 – Phố phường trông thấy tiếng reo ầm ầm.

 Quan quân đắc chí, bình tâm,

 Cửa đông, cửa bắc vẫn cầm vững binh

 Chém cha cái lũ hôi tanh !

32 _ Phen này quét sạch sành sanh mới là.

 Nào ngờ thất ý tại ta,

Vẫn rằng thắng trạng, hóa mà thua cơ

 Nội công phải những bao giờ,

36 _ Thấy kho thuốc cháy, nọn cờ ngả theo.

 Quan quân sợ chết thảy đều,

Thành tây, bạch quỷ đánh liều trèo lên.

 Nào ai cơm áo dốc đền ?

40 _ Nào ai cầm vững cho bền ba quân ?

 Nào ai còn chí kinh luân ?

Nào ai nghĩ đến thánh quân trên đầu ?

 Một cơn gió thảm, mưa sầu,

44 _ Nấu nung gan sắt, dãi dầu lòng son.

 Chữ trung còn chút con con,

Quyết đem gửi cái tàn hồn gốc cây.

 Trời cao, biển rộng, đất dầy,

48 _ Núi Nùng, sông Nhị chốn này làm ghi.

 Thương thay, gặp buổi truân nguy,

Lòng riêng ai chẳng thương vì người trung.

 Rủ nhau tiền góp của chung,

52 _ Đem người lên táng ở trong Học đường.

 Đau đớn nhẽ ! ngẩn ngơ dường !

Tả tơi thành quách, tồi tàn cỏ hoa.

 Kể từ năm Dậu bao xa,

56 _ Đến nay tính đốt phỏng đà mười niên.

 Long thành thất thủ hai phen,

Kho tàng hết sạch, binh quyền rời tan.

 Đổi thay trải mấy ông quan,

60 _ Quyên sinh tựu nghĩa có gan mấy người ?

 Trước quan Võ hiển khâm sai,

Sau quan Tổng đốc, một vài mà thôi.

 Ngoài ra võ giáp, văn khôi,

64 _ Quan, bào, trâm, hốt, nhác coi ngỡ là . . .

 Khi bình, làm hại dân ta,

Túi tham mở rộng, chẳng tha miếng gì.

 Đến khi hoạn nạn lâm nguy,

68 _ Mặt trông ngơ ngác, chân đi gập ghềnh !

 Võ như đề đốc Lê trinh,

Cùng là chánh, phó lãnh binh một đoàn.

 Đang khi giao chiến ngang tàng,

72 - Thấy quân hầu đổ, vội vàng chạy ngay.

 Nghĩ coi thật đã ghê thay !

 Bảo thân chước ấy, ai bầy sẵn cho ?

 Thế mà nghe những mơ hồ,

 76 – Rằng quan Đề Đốc dưới hồ Cửa Tây !

 Kẻ rằng treo ở cành cây,

 Kẻ rằng hẳn dưới giếng này chẳng chơi !

 Thăm tìm tối lại hòa mai,

80 - Định rằng hợp táng ở nơi học đường.

 Hỏi ra sau mới tỏ tường :

Cũng loài úy tử, cũng phường tham sinh !

 Phép công nên bắt gia hình,

84 - Rồi ra nặng chữ nhân tình lại thôi.

 Văn như tuần phủ nực cười !

Bình Chi là hiệu, năm mươi tuổi già.

 Biết bao cơm áo nước nhà,

88 - Kể trong sĩ tịch cũng là đại viên.

 Chén son chưa cạn lời nguyền,

Nỡ nào bỗng chốc quên liền ngay đi. 

 Lại còn quanh quẩn làm chi ?

92 - Hay là thương tiếc vật gì ở đây ?

 Hay là có chước bình Tây ?

Trước kia hoảng hốt, sau này nghiêm tinh ?

 Hay còn tiếc cái xuân xanh,

96 - Tìm nơi, kiếm chốn gieo mình trú chân ?

 Hay là còn chút từ thân,

Đã toan tịch cốc, mấy lần lại thôi ?

 Sao không biết xấu với đời ?

100 - Sao không biết thẹn với người tử trung ?

 . . . . . . . . . . . . 

 

 (Việt văn diễn giảng, p.21)

 

La chanson de l’héroïsme

 

Un fluide naturel circule dans tout l’univers ;

Le soleil, les étoiles, les monts et les fleuves en sont imprégnés.

Dans le cœur de l’homme,

4 - C’est l’heroïsme qui apparaît à l’heure du danger.

Car c’est lorsque l’infortune l’abat

Que le héros laisse dans l’Histoire son nom pour mille automnes.

Son Excellence le Gouverneur de Hà Ninh 1

8 - Dont le nom était Quang Viễn, n’avait pas son pareil en patriotisme.

Maintes fois il avait affronté des situations dangereuses,

Et pour cette raison fut chargé de ces importantes fonctions 2 depuis trois ans.

Il brûlait de détruire les barbares,

12 - Et quoiqu’il dut entretenir avec eux des relations diplomatiques, son cœur en bouillonnait de rage.

L’année Nhâm Ngọ 3, au troisième mois,

Le matin du huitième jour, lorsque sonna l’heure du dragon 4,

Ayant prévu les évènements,

16 - Il ordonna à plus de cent fidèles compagnons d’armes, et à quelques milliers de soldats

D’aller défendre les remparts de la citadelle,

En versant l’alcool du serment de mourir pour la patrie.

Mandarins civils et militaires, à sa voix,

20 - Frénétiquement jurèrent de se dévouer jusqu’à la mort.

A peine eut-il donné ses ordres

Qu’au dehors les grondements de canon se firent entendre sans interruption.

La colère fit dresser les cheveux sur la tête des guerriers

24 - Qui jurèrent d’exterminer jusqu’au dernier de ces chiens et boucs.

De tous côtés, nos canons crachèrent le feu

Sur les diables blancs terrorisés.

Un grand nombre d’entre eux moururent

28 - Au milieu des exclamations de joie de la population.

Nos chefs, satisfaits, constatèrent avec calme

Que les portes de l’Est et du Nord étaient toujours bien défendues

Maudits fussent ces infects barbares,

32 - Que nous allions cette fois exterminer entièrement !

Hélas ! une inattention de notre part

Transforma notre quasi victoire en défaite.

Des traitres avaient, sans que nous le sachions,

36 - Incendié nos poudrières, et abattu nos étendards.

Nos combattants furent saisis de panique

Et les diables blancs en profitèrent pour escalader la muraille de l’Ouest.

Alors, bien rares furent ceux qui pensaient encore à payer leur dette envers la patrie,

40 - A maintenir intact le moral des troupes,

A déployer leur génie militaire

Et à se dévouer pour le Saint Empereur.

Dans cet ouragan d’épouvante lugubre

44 - Qui fit fondre les foies de fer et déchirer les cœurs de cinabre,

Son Excellence le Gouverneur, réduit à la dernière ressource,

Résolut de confier à un arbre son âme mourante 1

O Ciel ! O mers ! O terre !

48 - C’est ici, dans l’enceinte du mont Nùng et du fleuve Nhị que git la dépouille du héros.

Dans ce désastre national

Chacun pleurait la mort du grand patriote.

On fit donc une collecte

52 - Pour lui donner une digne sépulture dans la cour du Collège Impérial.

Grande était notre douleur, et désemparés nos esprits.

Les citedelles semblaient chanceler, et les végétaux se flétrir.

Depuis l’année Dậu 1, il n’y a pas longtemps,

56 - A peine dix ans se sont écoulés

Que la cité du Dragon est tombée deux fois,

Ses trésors pillés, et son armée détruite !

Mais de tous ses mandarins,

60 - Combien ont eu le courage de mourir face au devoir ?

Comptons : Son Excellence le Võ Hiển 2 d’abord,

Son Excellence le Gouverneur après, et puis quelques autres bien rares.

A part ceux-là, combien de mandarins civils et militaires

64 - Tout glorieux dans leurs magnifiques costumes,

Qui, en temps de paix, n’avaient songé qu’à exploiter le peuple,

Ouvrant largement leurs poches cupides, sans oublier aucun morceau,

Et qui, au moment du péril,

68 - Le visage hébété, se sont enfuis précipitamment !

Comme mandarins militaires, citons le commandant de la garnison Lê Trinh,

Et la vile tourbe de ses lieutenants.

Au plus fort de la bataille,

72 - Voyant la chance tourner, ils s’empressèrent de prendre la fuite !

Quelle ignominie !

De qui ont-ils appris ce précepte de sauver leur peau avant tout ?

Et combien étions-nous stupides

76 - De nous raconter que M. le Commandant de la place s’était suicidé dans le lac de la Porte de l’Ouest.

Il s’est pendu à un arbre, avança quelqu’un,

Il s’est jeté dans un puits, supposa un autre.

 

1 1873

2 Nguyễn Tri Phương, mort en défendant Hanoi en 1873

Nous fimes des recherches jusqu’au jour suivant

80 - Dans l’espoir de l’ensevelir avec S.E. le Gouverneur dans le Collège Impérial.

Mais enfin la vérité se fit jour :

C’était un lâche, qui avait peur de mourir !

Il a été condamné, selon les lois,

84 - Puis gracié, par mesure d’humanité !

Parmi les mandarins civils, ce vice-gouverneur nous faire rire

Qui a nom Bình Chi, et cinquante ans d’âge !

Combien de riz et de vêtements il a coûté au pays,

88 - Ce grand homme haut placé dans la hiérarchie mandarinale !

Mais à peine eut-il bu le verre d’alcool du serment

Qu’il oublia tout de suite, subitement !

Pourquoi s’accroche-t-il tant à la vie ?

92 - Aurait-il quelque chose à regretter en ce bas monde ?

Ou bien nourrirait-il quelque plan de pacification

Qu’il voudrait méditer à loisir, une fois l’épouvante passée ?

Regretterait-il ses années de printemps

96 - Qu’il voudrait prolonger dans quelque refuge bien tranquille ?

Ou ce serait à cause de sa vieille mère

Qu’il ajourne sans cesse le moment de mourir par inanition ?

N’a-t-il donc plus aucun sentiment de honte

100 - Envers ceux qui sont morts pour la patrie ?

 . . . . . . . . . . . . .

 

Arrêtons ici cette galerie de portraits qui n’ont rien de réjouissant. L’intérêt de ce texte, outre sa valeur de document historique, réside en ce qu’il nous offre un spécimen de la littérature satirique qui nous est restée inconnue jusqu’ici. Nos doux et bienveillants lettrés répugnaient en effet à dénigrer leurs contemporains ; leur haine, s’ils en avaient, était réservée aux ennemis de la patrie, ou à la fatalité du Destin, à l’injustice de la société, à la méchanceté des hommes en général. Mais, patience ! Le choc brutal des valeurs spirituelles de l’Orient et des valeurs matérialistes de l’Occident bouleversa tellement les esprits en cette fin du XIXè siècle que la littérature satirique, presque inconnue jusque-là, allait par la force des choses se développer prodi-gieusement. La société Viêtnamienne des débuts de l’occupation française aura, après Nguyễn Văn Giai, d’innombrables autres Juvénals.

blank



1 Hanoi et Ninh Bình.

2 Gouverneur de Hà Ninh.

3 1882.

4 7 heures du matin.

 

1 Hoàng Diệu s’est pendu à un arbre.

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