Phạm Ngũ Lão

21 Tháng Năm 20142:44 SA(Xem: 4553)

Brillant officier qui a remporté plusieurs victoires sur les Mongols et les Laotiens sous les règnes des empereurs Trần Nhân Tông, Anh Tông et Minh Tông.

Doué d’une force prodigieuse et très versé dans les lettres, il a dès sa jeunesse ambitionné de se faire un grand nom. Un jour, un de ses voisins fut reçu docteur ès-lettres. Tout le village se rendit chez le lauréat pour le féliciter ; seul Phạm Ngũ Lão s’en abstint. Interrogé par sa mère sur les raisons de cette conduite, il répondit :

-Mère, je suis honteux d’aller présenter mes compliments à un autre, alors que je n’ai pu rien faire pour te rendre heureuse.

Et il composa le poème qu’on va lire ci-dessous pour se distraire. Il risquait cependant, en restant dans son village (Phu Ung, province de Hải Dương), de voir ses talents ignorés de tout le monde. Il imagina donc un stratagème pour se faire connaître.

Sa maison était située sur la route qui menait de Vạn Kiếp, où était établi le quartier général de l’armée, à la capitale Thăng Long. Un jour que le généralissime Trần Hưng Đạo se rendit à la capitale pour conférer avec l’empereur, Phạm Ngũ Lão s’assit au milieu de la route et fit semblant de tresser un panier de bambou. Le prince était précédé d’éclaieurs qui avaient charge de déblayer la route devant lui. Quand les soldats virent Phạm Ngũ Lão, ils lui crièrent :

- Décampez, vite !

Phạm Ngũ Lão fit semblant de ne rien entendre. Furieux, les soldats lui donnèrent un coup de pique dans la cuisse, la faisant saigner abondamment. Même silence obstiné de la part de Phạm Ngũ Lão, et ahurissement de la part des soldats.

Sur ces entrefaites, Trần Hưng Đạo arriva et demanda ce qui se passait.

- Altesse, répondirent les soldats, cet homme barre le chemin et ne veut pas bouger bien que nous l’ayons interpellé . . .

- Et que vous l’ayez blessé, n’est-ce-pas ? Eh ! jeune homme, pourquoi ne voulez-vous pas vous ôter de là ?

Comme soudainement réveillé, Phạm Ngũ Lão entendit cette fois la voix du généralissime et lui répondit respectueusement :

- Excusez-moi, Altesse, j’étais absorbé dans mes pensées.

Trần Hưng Đạo fut étonné de cette réponse. Il fit panser le jeune homme, et lui demanda qui étaient ses parents, où était son village, et s’il avait fait des études. A toutes ces questions, Phạm Ngũ Lão répondit très élégamment, ce qui dénotait chez lui une grande instruction. Le généralissime, charmé, prolongea la conversation et se hasarda à poser des questions difficiles sur la littérature, puis sur l’art militaire. Les réponses du jeune homme se révélèrent plus brillantes que jamais.

Enthousiasmé, Trần Hưng Đạo lui fit aussitôt donner un cheval et l’emmena à la capitale avec lui. Il en fera son plus brillant lieutenant, puis lui donnera une princesse, sa fille adoptive, en mariage.

Phạm Ngũ Lão a réalisé son rêve de jeunesse confié à ce fier poème que connaissent par cœur, depuis sept siècles, tous les enfants du Việt Nam (Việt Nam Danh Nhân Tự Điển, page 260)

THUẬT HOÀI

Hoành sóc giang sơn cáp kỷ thu

Tam quân tì hổ khí thôn ngưu.

Nam nhi vị liễu công danh trái

Tu thính nhân gian thuyết Vũ Hầu.

Le texte est traduit en vietnamien par Trần Trọng Kim:

THUẬT NỖI LÒNG

Múa giáo non sông trải mấy thâu,

Ba quan hùng khí át sao Ngưu.

Công danh nam tử còn vương nợ,

Luống thẹn tai nghe chuyện Vũ Hầu.

Aspirations de l’homme viril

Brandir une lance par monts et par eaux durant plusieurs automnes,

Et mener au combat des armées, vigoureuses comme des lions, et dont l’ardeur semble jaillir jusqu’à la constellation du Taureau,

Tel est mon rêve. Car tant qu’un homme n’a pas réussi à se faire une renommée en ce monde,

De honte il rougit d’entendre raconter l’histoire du Vũ hầu 1.


1 Gia Cát Lượng (Zhu GeLiang 諸葛亮), conseiller de l’empereur Hán Chiêu Liệt, considéré comme le plus grand stratège de l’Histoire de Chine.

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