Chapitre VII: Chansons Instructives

21 Tháng Năm 201412:42 SA(Xem: 3457)

Bien que les observations psychologiques, sociologiques et autres soient de préférence présentées sous la forme du proverbe, la chanson peut également remplir ce rôle.

 

 

 

 

Section I : LES OBSERVATIONS PSYCHOLOGIQUES Du coeur humain :

Tout en étant d’une manière générale plus spontanés et plus francs que les citadins à la parole mielleuse, nos paysans ne sont pas des naïfs, et savent se mettre en garde contre une confiance excessive dans la bonne foi des autres :

230. Thức lâu mới biết đêm dài

Sự lâu mới biết lòng người bạc đen.

C’est en veillant tard qu’on sait que la nuit est longue ; C’est en vivant longtemps ensemble qu’on peut connaître le vrai coeur des autres.

 

 

231. Sông sâu còn có kẻ dò

Lòng người ai dễ mà đo cho cùng ?

Le fleuve profond, on peut encore en explorer le fond ; Mais le coeur de l’homme, qui pourrait en mesurer les replis ?


 

 

232. Đố ai lặn xuống vực sâu

Mà đo miệng cá uốn câu cho vừa ?

Dò sông dò biển dễ dò

Nào người bẻ thước mà đo lòng người ?

Qui peut plonger dans un profond précipe

Pour mesurer la bouche du poisson et courber l’hameçon à sa mesure ?

On peut facilement explorer le fond des fleuves et des mers, Mais qui réussit jamais à explorer le coeur des hommes ?

 

 

Ils savent aussi que lorsque le coeur est pris de passion, il ne faut lui demander ni impartialité .

233. Yêu nhau yêu cả đường đi, Ghét nhau ghét cả tông chi họ hàng .

Quand on aime quelqu’un, on aime jusqu’au chemin par où il passe; Quand on le déteste, on déteste jusqu’au membres les plus éloignés

de sa famille.

 

 

234. Thương nhau cau sáu bổ ba Ghét nhau cau sáu bổ ra làm mười. Quand on aime quelqu’un, on lui offre le tiers

d’une noix d’arec qui pourrait être découpée en six ; Mais quand on le déteste, on découpe la même noix en dix .

 

 


ni clairvoyance :


 

235. Lỗ mũi em thì tám gánh lông


Chồng yêu chồng bảo tơ hồng trời cho

Đêm nằm thì ngáy pho pho

Chồng yêu chồng bảo ngáy cho vui nhà

Đi chợ thì hay ăn quà

Chồng yêu chồng bảo về nhà đỡ cơm.

Ses narines sont pleines de poils à remplir huit paniers Mais son mari qui l’aime dit ce sont des fils de la Verge. La nuit elle ronfle bruyamment,

Mais son mari qui l’aime dit que c’est pour égayer la maison.

Au marché, elle s’empiffre de friandises,

Mais son mari qui l’aime dit que c’est pour ménager le riz à la maison.


 

 

Enfin, chacun voit facilement les défauts des autres, mais reste aveugle quant à ses propres défauts :

236. Chân mình còn lấm mê mê

Lại cầm bó đuốc mà rê chân người.

Avec des pieds souillés de boue,

Il promène sa torche sur les pieds des autres.

 

 

Des relations familliales :

 

 

Si l’affection paternelle et maternelle se dépense sans compter, il est attristant de constater que souvent les enfants comptabilisent impatiemment les soins qu’ils sont obligés de donner à leurs vieux parents :

237. Mẹ nuôi con biển hồ lai láng

Con nuôi mẹ tính tháng tính ngày.

Les soins que donne la mère à son enfant sont immenses comme la mer, Mais ceux que l’enfant donne à sa mère sont comptés jour par jour.

 

 

Et pourtant, que les parents viennent à mourir, et les enfants sauront ce qu’ils perdent en les perdant, surtout si leur père a été le soutien de la famille :

238. Có cha có mẹ thì hơn

Không cha không mẹ như đờn đứt giây.

Il est doux d’avoir encore ses parents

Car un orphelin est comme une guitare dont les cordes sont cassées.

 

 

239. Còn cha gót đỏ như son Đến khi cha chết gót con đen sì Còn cha nhiều kẻ yêu vì

Một mai cha thác ai thì yêu con.

Tant que leur père est en vie, les enfants ont le talon rouge comme du vermillon,

Mais après sa mort, leur talon sera bien forcé de noircir 1

Tant que leur père est en vie, les enfants sont entourés d’amour et de respect,

Mais après sa mort, personne ne se soucie plus de les aimer

 

 

1 parce qu’ils sont obligés de travailler eux-mêmes.


et de les respecter.

 

 

Lorsque le père veuf se remarie, des conflits surgissent presque toujours entre les enfants du premier lit et la marâtre :

240. Mẹ gà con vịt chắt chiu

Mấy đời mẹ ghẻ nâng niu con chồng

Mấy đời bánh đúc có xương

Mấy đời dì ghẻ mà thương con chồng.

Si la mère poule couve tendrement ses canetons

On n’a jamais vu une marâtre dorloter les enfants de son mari.

Depuis quand le gateau de riz a-t-il des arêtes ?

Depuis quand la marâtre aime-t-elle les enfants du premier lit ?

 

 

241. Gió đưa bụi trúc ngã quì

Thương cha phải chịu lụy dì, dì ơi !

Comme le buisson de bambou doit se courber devant le vent qui souffle, Je dois me courber devant vous, marâtre, à cause de mon père.

 

 

Les relations entre la belle-mère et sa bru ne sont pas meilleures, principalement à cause de l’ancienne coutume qui voulait qu’on payât assez cher pour acheter une femme à son fils. Et il était fréquent que pour se payer de ses sacrifices financiers considérables, la belle-mère se vengêt en mal- traitant sa bru. Ecoutons cette jeune femme qui se plaint doucement à son mari

:

242. Trách cha trách mẹ nhà chàng Cầm cân chẳng biết là vàng hay thau. Thật vàng chẳng phải thau đâu,

Đừng đem thử lửa mà đau lòng vàng.

J’en veux à votre père et à votre mère

Qui, la balance à la main, ne savent pas distinguer l’or du bronze.

De l’or je suis bien, et non pas du bronze,

N’employez pas l’épreuve du feu pour meurtrier le coeur de l’or.

 

 

A la mort de sa belle-mère, une bru va jusqu’à prononcer des paroles grossières pour exhaler la haine qu’elle a amassée lentement .

243. Chồng thương chẳng nệ chi ai

Đũa bếp cho dài, gắp cổ mụ gìa.


Thương chồng phải khóc mụ gìa

Gẫm tôi với mụ có bà con chi.

Forte de l’amour de mon mari, je ne m’inquiète de personne, Et je voudrais prendre deux longues baguettes pour saisir ma belle-mère au cou et la jeter dehors.

Pour l’amour de mon mari, je dois pleurer la mort de ma belle-mère,

Mais en réalité, quels liens de parenté existe-t-il entre elle et moi ?

 

 

Des relations sociales :

 

 

Il est indiscutable que chacun doit s’efforcer de se faire une bonne réputation dans la société. Mais encore faut-il que l’opinion publique soit juste

; or, souvent, elle est loin de l’être :

 

 

244. Ở sao cho vừa lòng người

Ở rộng người cười, ở hẹp người chê

Cao chê ngỏng, thấp chê lùn

Béo chê : béo trục béo tròn,

Gầy chê : xương sống xương sườn phơi ra .

Il est vain de satisfaire tout le monde,

Car vous êtes toujours raillé, que vous soyez prodigue ou avare.

Etes-vous grand ? On s’esclaffe : c’est un piquet ! Etes-vous petit ? Quel nain ! dira-t-on dédaigneusement. Etes-vous gros ? Mais c’est un tonneau, un cylindre !

Etes-vous maigre ? Vous exposez, mon pauvre ami, toutes vos côtes !

 

 

Mieux que cela, l’opinion publique change souvent, et tel qui est loué aujourd’hui est demain l’objet de la réprobation universelle. Aussi ne faut-il pas y attacher trop d’importance.

 

 

245. Mai mưa, trưa nắng, chiều nồm, Trời còn luân chuyển huống mồm thế gian.

Il pleut le matin, le soleil luit à midi, et le vent souffle quand vient le soir.

Ainsi même la nature est changeante, à plus forte raison l’opinion du monde.

 

 

Ce qui souvent fausse l’opinion publique, c’est la jalousie :


246. Trâu cột thì ghét trâu ăn

Quan võ thì ghét quan văn dài quần.

Le buffle attaché est jaloux du buffle qui broute ; De même le mandarin militaire est jaloux

du mandarin civil qui porte un long pantalon1.

 

 

Aussi bien le spectacle de la société n’est guère réjouissant. C’est d’abord la course aux honneurs et richesses :

247. Cái vòng danh lợi cong cong

Kẻ hòng ra khỏi, người mong bước vào

Sự đời nghĩ cũng nực cười

Một con cá lội, mấy người buông câu.

Richesses et honneurs forment un cercle

Dont certains veulent sortir, et où d’autres veulent entrer.

Vraiment drôle est la vie !

Pour un poisson qui se montre, combien de gens jettent l’hameçon !

 

 

C’est ensuite la courbette que font les humbles aux puissants, leur lâcheté devant la force brutale :

248. Mèo tha miếng thịt thì đòi

Kễnh vồ mất lợn mắt coi trừng trừng .

Si le chat enlève un morceau de viande, on le poursuit.

Mais quand le tigre enlève un porc, on reste les yeux écarquillés sans oser rien dire.

 

 

Mais ce qui indigne surtout notre chansonnier populaire, c’est la platitude de la société devant la puissance de l’argent :

249. Trong lưng chẳng có một đồng

Lời nói như rồng, chúng chẳng thèm nghe.

Vai mang túi bạc kè kè,

Nói bậy nói bạ chúng nghe rầm rầm.

Si vous n’avez rien dans votre poche,

Vos paroles, même sublimes, ne seront écoutées de personne.

Mais si vous porter sur vos épaules un sac d’argent,

 

 

1 alors que les jambes du pantalon du mandarin militaire sont enserrées dans des jambières


Vous aurez beau dire des sottises, on vous applaudira bruyamment.

 

 

250. Có tiền chán vạn người hầu

Có bấc có dầu chán vạn người khêu.

Etes-vous riche, innombrables sont ceux qui sollicitent l’honneur de vous servir.

Avez-vous une lampe pleine d’huile et des mèches, il ne manquera pas de gens pour vous la rallumer.

 

 

251. Cha đời cái áo rách này Mất chúng mất bạn vì mày áo ơi. Maudites sois-tu, ô robe déchirée,

Qui me fait perdre tous mes amis !

 

 

252. Giầu sang nhiều kẻ tới nhà, Khó khăn nên nỗi ruột già xa nhau.

Si vous êtes riche, on s’empresse en foule à venir vous visiter, Mais dès que vous tombez dans le besoin, même les gens

de votre famille s’écartent de vous .

 

 

Cupidon même ne sera bien accueilli que s’il est muni d’une bourse bien garnie :

253. Tôi yêu anh vạn, tôi mến anh nghìn

Anh muốn ăn thuốc, đưa tiền tôi mua.

Je vous aime bien, mille et dix mille fois,

Mais si vous voulez du tabac, donnez-moi de l’argent pour vous en acheter.

 

 

254. Còn tiền còn bạc, còn vợ còn chồng, Hết tiền hết bạc, tơ hồng hết xe.

Quand l’argent reste, on est mari et femme ;

Quand l’argent fait défaut, les liens rouges sont dénoués,

 

 

Telle est la vie, aussi bien autrefois qu’aujourd’hui : on s’attache à vous si l’on y trouve de l’intérêt. Dans le cas contraire, bonsoir, plus personne.

255. Khi vui thì vỗ tay vào

Đến khi tẻ ngắt thì nào thấy ai ?

Etes-vous joyeux, on se presse pour vous applaudir.


Mais avez-vous un chagrin, vous ne trouverez plus personne.

 

 

256. Khó khăn thì chẳng ai nhìn

Đến khi đỗ trạng chín nghìn anh em.

Quand vous êtes dans la misère, personne ne veut vous fréquenter Mais à peine êtes-vous reçu docteur que neuf mille amis vous tombent du ciel.

 

 

Section II : LES OBSERVATIONS SOCIOLOGIQUES . Les chansons nous fournissent d’innombrables renseignement

sociologiques sur la vie d’autrefois, sur les coutumes et sur l’état d’esprit du commun peuple.

 

 

La vie sociale d’autrefois :

 

 

Le paysan Vietnamien était profondément pacifique, et ses ambitions n’allaient guère au delà de la haie de bambou qui ceinturait son village. Derrière cette haie qui le protégeait des incursions des pirates, et même de la tyrannie des mandarins, il passait son temps à travailler et à s’amuser :

 

 

Voici un tableau idyllique de cette belle époque :

257. Làng ta phong cảnh hữu tình Dân cư giang khúc như hình con long. Nhờ trời hạ kế sang đông,

Làm nghề cầy cấy vun trồng tốt tươi.

Vụ năm cho đến vụ mười,

Trong làng kẻ gái người trai đua nghề.

Trời ra, gắng ; trời lặn, về,

Ngày ngày, tháng tháng, nghiệp nghề truân chiên.

Dưới dân họ, trên quan viên,

Công bình giữ mực cầm quyền cho thay. Combien adorable est le site qu’offre notre village, Baigné d’une rivière qui l’enserre de tous côtés comme un dragon dans ses contorsions.

Grâce au ciel, l’été succède heureusement à l’hiver,


Favorisant nos travaux agricoles qui prospèrent merveilleusement.

A la récolte du cinquième mois comme à celle du dixième, Filles et garçons rivalisant d’ardeur.

Ils vont au travail lorsque le soleil se lève, et rentrent se reposer quand le soleil se couche,

Jour après jour, mois après mois, sans jamais relâcher leur activité.

En bas le peuple, et en haut les notables,

Tout le monde respecte la justice et l’administration.

 

 

On entend partout vanter les bienfaits de la civilisation : l’auto, l’avion, la lumière électrique, le téléphone, la télévision, etc. En est-on plus heureux ? Ce n’est pas tellement sûr, en comparant la vie difficile d’aujourd’hui à celle d’autrefois, remplie de tant de fêtes :

258. Tháng giêng ăn Tết ở nhà Tháng hai cờ bạc, tháng ba hội hè. Tháng tư đong đậu nấu chè

Ăn tết Đoan Ngọ trở về tháng năm.

Tháng sáu buôn nhãn bán trăm, Tháng bẩy ngày rầm xá tội vong nhân. Tháng tám chơi đèn kéo quân.

Giở về tháng chín chung chân buôn hồng.

Tháng mười buôn thóc buôn bông, Tháng một tháng chạp nên công hoàn thành . Le premier mois je passe le Tết à la maison.

Le second mois est consacré au jeu et le troisième aux fêtes.

Au quatrième mois, je fais bouillir des haricots pour préparer des potages sucrés,

En attendant que vienne la fête de l’été au cinquième mois.

Le sixième mois, je fais le commerce des longanes, Mais déjà arrive la fête des Morts au septième mois.

Je m’émerveille de la splendeur des lanternes au huitième mois

Avant de me livrer au commerce des kakis au neuvième.

Au dixième mois je vends du paddy et du coton

Et voilà ! Je n’ai plus qu’à faire le compte de mes bénéfices aux onzième et douzième mois.


En cet heureux temps, tout était prétexte à fête : nouvel an, mi-automne, bonne récolte, anniversaire du génie du village et de nombreux héros historiques ou légendaires, etc, etc.

 

 

259. Làng ta mở hội vui mừng Chuông kêu trống dóng vang lừng đôi bên Long ngai thánh ngự ở trên

Tả văn hữu vũ bốn bên rồng chầu.

Sinh ra nam tử công hầu

Sinh ra con gái vào chầu thánh quân.

Grand fête à notre village.

Les cloches sonnent, les tambours battent de tous côtés.

Sur son trône, le Génie tutélaire est assis

Avec à sa gauche les mandarins civils, à sa droite les mandarins militaires, et tout autour des dragons.

Puissent nos villageois mettre au monde des garçons qui seront ducs et marquis,

Et des filles qui auront l’honneur de servir le Saint Empereur.

 

 

Et à chaque fête, il y avait chant, musique, théâtre. La passion du chant est ancrée dans l’âme des paysans et surtout des paysannes, comme en fait foi la chanson suivante :

260. Trống quân em lập nên đây

Áo giải làm chiếu, khăn quây làm mùng.

Mua vui dưới ánh trăng trong,

Có con cũng hát, có chồng cũng chơi.

Con thì em mướn vú nuôi, Chồng thời em để hát nơi xóm nhà. J’établis ici un concert de “trống quân”

Avec une robe tenant lieu de natte, et une serviette tenant lieu de rideau.

Amusons-nous, mes soeurs, sous le clair de lune

Même si nous nous déjà enfants et mari. Mes enfants, je les confie à des nourrices,

Et mon mari, je le laisse dans notre quartier.


Jusqu’ici nous n’avons montré que le côté idyllique de la vie sociale d’autrefois. Voici maintenant le revers de la médaille. Ce sont d’abord les intempéries qui dévastent les récoltes et annoncent la famine :

261. Bây giờ gập phải hội này

Khi thời hạn hán, khi hay mưa dầm

Khi thời gió bão ầm ầm

Đồng điền lúa thóc mười phần được ba.

Lấy gì đăng nạp nữa mà

Lấy gì công việc nước nhà cho đang.

Lấy gì sưu thuế phép thường,

Lấy gì bổ chợ đong lường làm ăn ?

Mais des malheurs sont arrivés : Après la sécheresse, des pluies diluviennes, Et puis des typhons épouvantables

Qui réduitsent nos récoltes aux trois dixièmes de leur produit. Que nous restera-t-il pour payer nos redevances communales, Pour contribuer aux dépenses de l’Etat,

Pour payer les impôts,

Et pour subvenir aux besoins de la famille ?

 

 

C’est ensuite la conscription, si haie du peuple Vietnamien foncièrement pacifique et volontiers anti-miliatariste. Il a toujours dépeint la vie du soldat sous les traits détestables :

262. Ba năm trấn thủ lưu đồn

Ngày thì canh điếm, tối dồn việc quan.

Chém tre đẵn gỗ trên ngàn

Hữu thân hữu khổ phàn nàn cùng ai ?

Miệng ăn măng trúc măng mai, Những giang cùng nứa lấy ai bạn cùng ? Durant mes trois ans de garnison à la frontière

Le jour je dois garder le poste, et la nuit le travail administratif m’absorbe.

Couper des bambous et du bois dans la forêt, tel est mon lot. Et puisque tout être doit souffrir, à quoi bon de me plaindre ?

Je n’ai à manger que des pousses de bambou ;

Isolé au milieu de la brousse, je ne sais à qui confier mes peines.

 

 

Et voici le portrait d’un soldat, pas bien terrible :


263. Ngang lưng thì thắt bao vàng, Đầu đội nón dấu, vai mang súng dài. Một tay thì cắp hỏa mai,

Một tay cắp giáo, quan sai xuống thuyền.

Thùng thùng trống đánh ngũ liên,

Bước chân xuống thuyền nước mắt như mưa.

A la taille, une ceinture jaune,

Sur la tête, un chapeau conique, et sur l’épaule un long fusil

Tenant dans une main une arquebuse

Et dans l’autre une pique, je descends par ordre dans la jonque.

A coups redoublés, le tam tam résonne

Tandis que je descends dans la jonque, les yeux noyés de larmes.

 

 

Pour exprimer la haine de la conscription, on fait intervenir jusqu’aux femmes :

264. Lính vua, lính chúa, lính làng, Nhà vua bắt lính cho chàng phải ra. Giá vua bắt lính đàn bà,

Để em đi đỡ anh vài bốn năm.

Pour le roi, pour le seigneur, pour le village,

La conscription rafle des soldats, et tu n’y a pas échappé.

Si l’on admettait aussi les femmes,

Je serais prête à te remplacer pour quelques années.

 

 

265. Kìa ai tiếng khóc nỉ non,

Ấy vợ lính mới trèo hòn đèo Ngang

Chém cha cái giặc chết hoang,

Làm thiếp phải gánh lương theo chồng.

Gánh từ xứ Bắc, xứ Đông,

Đã gánh theo chồng, lại gánh theo con.

De qui sont ces pleurs plaintifs ?

C’est d’une femme de soldat qui traverse le col d’une montagne.

Maudits soient ces pirates voués à une mort ignominieuse, Qui m’obligent à porter du riz à mon mari en campagne. Je lui porte au Nord, et puis à l’Est,

A lui d’abord, et puis à notre fils encore, hélas !


Les coutumes :

 

 

Voici d’abord les rites du mariages. Nous avons dit plus haut que les mœurs étaient plus tolérantes à la campagne qu’à la ville, et que les jeunes gens pouvaient s’y rencontrer et se parler librement. Toutefois, pour arriver au mariage, l’intervention était nécessaire d’une entremetteuse qui était souvent une voisine ou une tante du prétendant :

266. Cũng nhờ cô bác đôi bên

Mỗi người một tiếng mới nên cang thường.

C’est à nos tantes, les vôtres comme les miennes,

Qui l’ont approuvé de leur paroles, que nous devons notre mariage.

 

 

Quelquefois le jeune homme se fait pressant et voudrait obtenir de sa belle une promesse immédiate de mariage. Sagement la jeune fille lui réplique

:

267. Nay em còn cha, còn mẹ, Còn cô, còn bác,

Nên em không dám tự tung tự tác một mình.

Anh có thương, cậy mai đến nói, cha mẹ đành em sẽ ưng.

Ayant encore père et mère, Tantes et oncles,

Il m’est vraiment impossible de décider par moi-même.

Si vous m’aimez, envoyez quelqu’un demander

ma main à mes parents; s’ils y consentent, j’y consentirai.

 

 

À ces sages paroles, le jeune homme ne peut que s’incliner. Mais, décidé à se marier par amour, il veut s’assurer d’abord le libre concentement de sa future femme :

268. Đợi lệnh song thân em phải vậy,

Song em quyết một lời rồi, anh hãy cậy mai dong.

Vous faites bien d’attendre le consentement de vos parents,

Mais, de grâce, accordez-moi votre main avant que je la fasse demander officiellement.

 

 

Le mariage vietnamien se distingue nettement du mariage chinois qui est plutôt religieux, par un formalité remarquable : le cheo, qu’on pourrait traduire par publication des bans. En fait, le cheo est une somme d’argent que


le marié doit verser à la commune pour que son mariage soit reconnu légalement :

269. Có cưới mà chẳng có cheo,

Nhân duyên trắc trở như kèo không đanh. Quand on se marie sans payer la redevance communale, Le mariage est instable comme une charpente sans clous.

 

 

Ainsi, alors que la principale formalité du mariage chinois réside dans le tế tơ hồng (cérémonie des fils rouges) célébré pour demander aux génies et aux ancêtres du marié d’admettre la jeune femme dans sa nouvelle famille, la principale formalité du mariage vietnamien est une formalité civile, à caractère contractuel entre les intéressés et la commune entière. (Dans les proverbes, nous avons trouvé une formalité analogue à propos des banquets destinés à rendre officiels les brevets de mandarinat :

Vô vọng bất thành quan

Sans banquet de présentation, pas de mandarin.

 

 

Le jour du mariage, les époux doivent se prosterner devant leurs parents, aussi bien ceux de la jeunes fille que ceux du jeune homme :

270. Lục bình chưng trước tam sơn

Đôi ta quỳ xuống đền ơn mẫu từ.

Devant les vases à fleurs posés sur la table d’autel,

Nous nous agenouillons pour honorer nos parents qui nous ont donné le jour.

 

 

Puis la jeune mariée verse de l’alcool dans des tasses qu’elle présente respectueuseument à ses parents. C’est la cérémonie émouvante de l’adieu, après laquelle elle pourra les quitter pour aller suivre son mari :

271. Ruợu lưu ly chân quì tay rót

Cha mẹ uống rồi dời gót theo anh.

A genoux, je verse de l’alcool dans un verre de cristal. Quand mes parents auront bu, je m’en irai avec vous.

 

 

Et elle deviendra plus l’enfant de ses beaux-parents que de ses parents à elle :

272. Con gái là con người ta

Con dâu mới thật mẹ cha mua về.


Notre fille à d’autres est l’enfant,

Et notre fille véritable est la bru que nous avons achetée et amenée chez nous.

 

 

Comment sont réglés les degrés de parenté dans la famille vietnamienne

? Voici quelques chansons qui nous renseignent sur ce point :

273. Con cô con cậu thì xa

Con chú con bác thực là anh em.

Les enfants de la tante paternelle ou de l’oncle maternelle sont des cousins éloignés

Tandis que ceux des oncles paternels sont de véritables frères.

 

 

274. Chồng cô, vợ cậu, chồng dì, Trong ba người ấy chết thì không tang.

Le mari de la tante paternelle, la femme de l’oncle maternel, et le mari de la tante maternelle,

De ces trois personnages on ne porte pas le deuil.

 

 

Ces asphorismes affirment la prééminence des liens patriarcaux sur les liens matriarcaux. Toutefois, le régime matriarcal demeure plus vivace au Vietnam qu’en Chine, car la coutume vietnamienne interdit comme incestueux le mariage entre les enfants du frère et de la soeur, tandis que la coutume chinoise le permet.

 

 

Si les neveux d’Europe peuvent espérer des héritages fabuleux de leurs oncles d’Amérique, il n’en est pas de même chez nous, car plutôt que de laisser leur fortune à quelque cousin lointain, les Vietnamiens sans enfants préfèrent toujours adopter quelque orphelin, qui est parfois un neveu, il est vrai, mais qui par l’adoption est devenu leur fils, apte à entretenir leur culte. À moins que le mari ne prenne une seconde, une troisième femme pour avoir ce garçon que sa première femme n’a pu lui donner.

275. Giầu cha giầu mẹ thì mừng Giầu cô giầu bác thì đừng có trông. Réjouis-toi si tes père et mère sont riches

Mais ne compte pas sur tes tantes et oncles riches pour t’enrichir.


Pour les mêmes raisons, les successions de frère à frère sont aussi très problématiques, et la sagesse populaire conseille de n’y pas fonder des espoirs chimériques :

276. Giầu cha giầu mẹ thì ham

Giầu anh giầu chị ai làm nấy ăn.

Tu peux convoiter la fortune de tes père et mère, Mais ne convoite pas celle de tes frères et soeurs,

qui travaillent chacun pour soi.

 

 

De toutes les fêtes, la plus importante est celle du Nouvel An qui dure officiellement trois jours, mais qui dans l’ancien temps pouvait se prolonger durant tout le premier mois. Pour témoigner sa reconnaissance envers les êtres à qui il doit le plus : ses parents, ceux de sa femme et son précepteur, le jeune homme doit passer les trois jours fériés dans un ordre fixé méticuleusement :

277. Mồng một thì ở nhà cha, Mồng hai nhà vợ, mồng ba nhà thầy.

Le premier jour de l’an, on reste chez son père ; Le second jour, on le passe chez sa belle-famille, et le troisième chez son précepteur.

 

 

Nous avons vu que les proverbes font allusion à de nombreuses fêtes. La chanson suivante se réfère au combat de buffles qui se déroule annuellement à Đồ Sơn, la célèbre station balnéaire du Nord-Vietnam :

278. Dù ai buôn đâu bán đâu, Mồng mười tháng tám chọi trâu thì về. Dù ai buôn bán trăm nghề,

Mồng mười tháng tám trở về chọi trâu.

Où que vous alliez vendre et acheter,

Revenez le dixième jour du huitième mois où aura lieu le combat de buffles.

Quel que soit le métier que vous exerciez,

Revenez le dixième jour du huitième mois où aura lieu le combat de buffles.

 

 

Les chansons populaires nous fournissent aussi des renseignements intéressants sur l’alimentation du peuple Vietnamien :

279. Chồng chê thì mặc chồng chê, Dưa khú nấu với cá trê càng bùi.

Tanpis si mon mari n’est pas content,


Les légumes salés fermentés, cuits avec le silure, sont délicieux à manger !

 

 

280. Rủ nhau đi dạo vườn cà,

Cà non chấm mắm, cà già làm dưa.

Làm dưa ba bữa thì chua,

Chị kia sách giỏ lại mua ba tiền.

Allons au jardin cueillir des aubergines.

Les tendres, nous les mangerons à la sauce, et les vieilles, nous les salerons.

Au bout de trois jours, elles seront fermentées,

Et bien des ménagères viendront avec des paniers pour en acheter.

 

 

Enfin les chansons populaires sont également une mine où nous pouvons glaner pas mal de préjugés et de superstitions de l’ancien temps :

 

 

Du préjugé de la supériorité du civil sur le militaire :

281. Quan văn thất phẩm đã sang, Quan võ tứ phẩm còn mang gươm hầu.

Les mandarins civils du septième degré sont déjà très honorés, Mais un mandarin militaire du quatrième degré doit encore

porter une épé pour faire l’ordonnance.

 

 

De préjugé de la condition vile des gens de théâtre :

282. Trồng trầu trồng lộn với tiêu, Con theo hát bội mẹ liều con hư.

Comme le bétel est planté par mégarde avec le poivrier,

Si tu te mêles de faire du théâtre, tu finiras mal, mon enfant.

 

 

De la superstition des jours fastes et néfastes :

283. Mồng năm, mười bốn, hai ba, Cữ ba ngày ấy đừng đi ra đường.

Le cinquième, le quatorzième et le vingt troisième jour de chaque mois, Evite de sortir de chez soi ces jours-là.

 

 

De la superstition des horoscopes :

284. Sao Thai mà ngộ Đào Hoa, Tiền dâm hậu thú mới ra vợ chồng.


Celui qui est né sous le signe de l’étoile Thai en conjonction avec l’étoile Đào Hoa

Doit avoir des relations sexuelles avec sa femme avant de l’épouser.

 

 

La réaction du peuple contre la morale confucianiste.

 

 

Où les chansons populaires se révèlent le plus intéressantes, c’est incontestablement lorsqu’elles nous révèlent la réaction du commun peuple contre la morale confucianiste qui lui est imposée de Chine par l’intermédiaire de la classe des lettrés.

 

 

Or le peuple Vietnamien est, malgré son tempérament pacifique, un peuple essentiellement frondeur. Nous avons vu, dans la partie réservée à la morale générale, combien le Vietnamien prise la théorie du héros. Mais cette théorie conviendrait plutôt à l’aristocratie, à des Nguyễn Công Trứ ou Cao Bá Quát. Ce que demande surtout l’homme du peuple, c’est l’egalité et la liberté :

- l’égalité de la femme et de l’homme

- l’égalité des classes sociales

- la liberté de l’instinct contre les entraves d’une morale familiale et sociale trop rigoriste.

 

 

De cette tendance frondeuse, nous avons vu maintes illustrations dans les proverbes et chansons déjà cités. Qu’il nous suffise d’ajouter ici quelques autres chansons, nous réservant de faire une étude synthétique à la fin de ce livre.

 

 

Affirmation de l’égalité :

285. Đấy vàng, đây cũng đồng đen, Đấy hoa thiên lý, đây sen nhị hồ. Si vous êtes de l’or, je suis du bronze.

Si vous êtes la fleur du prunier, je suis celle du lotus.

 

 

286. Màn treo, chiếu rách cũng treo, Hương xông nghi ngút, củi rều cũng xông.

Vous étendes des moustiquaires, j’étends des nattes déchirées.

Vous brûlez des parfums, je brûle aussi du bois moisi.


Révolte contre des supérieurs indignes :

287. Làm trên ở chẳng chính ngôi Khiến nên kẻ dưới chúng tôi hỗn hào. Si vous, les chefs, vous nous conduisez mal,

Ne soyez pas étonnés si nous, les inférieurs, nous vous manquons de respect.

 

 

Réaction contre la prééminence de l’homme sur la femme :

288. Ba đồng một mớ đàn ông

Đem về mà bỏ vào lồng cho kiến nó tha.

Ba trăm một mụ đàn bà

Đem về mà giải chiếu hoa cho ngồi.

Trois sapèques suffisent à acheter un tas d’hommes Qu’on laisse dans une cage où les fourmis les emporteront. Mais il faut trois cent sapèques pour acheter une femme Qu’on invite à s’asseoir sur une natte fleurie.

 

 

Indignation contre les injustices sociales :

289. Người thì mớ bẩy mớ ba

Người thì áo rách như là tả tơi.

Tandis que les uns se couvrent de multiples robes, D’autres n’ont que des haillons déchirés en lambeaux.

 

 

290. Trời sao trời ở chẳng cân Người ăn chẳng hết người lần chẳng ra Pourquoi le Ciel est-il si injuste

Pour laisser les uns vivre dans l’abondance et les autres manquer de tout ?

 

 

Satires dirigées contre les puissants du jour :

291. Em là con gái đồng trinh

Em đi bán rượu qua dinh ông Nghè.

Ông Nghè cho lính ra ve

- Trăm lậy ông Nghè, tôi đã có con.

- Có con thì mặc có con,

Thắt lưng cho dòn, theo võng cho mau !

Je suis une jeune fille encore vierge

En allant vendre de l’alcool, je suis passé devant le palais


de M. le Docteur.

M. le Docteur envoya aussitôt ses soldats me courtiser.

- Pitié ! supplié-je, j’ai déjà des enfants.

- Tant pis pour tes enfants !

Serre bien ta taille, et viens vite suivre le hamac de M. le Docteur.

 

 


Le général :


 

292.Đồn rằng quan tướng có danh Cưỡi ngựa một mình chẳng phải vịn ai. Ban khen rằng : Ấy mới tài,

Ban cho cái áo với hai đồng tiền.

Đánh giặc thì chạy vào tiên Xông vào trận tiền cổi khố giặc ra. Giặc sợ, giặc chạy về nhà,

Trở về gọi mẹ mổ gà khao quân.

Grande est la réputation du général


Qui se tient tout seul à cheval, sans s’appuyer sur personne !

Le roi l’a complimenté : Combien vous êtes habile !

Et lui a donné en récompense une robe et deux sapèques.

Quand le général s’en va-t-en guerre,

Le premier il s’enfonce dans les rangs de l’ennemi

Pour lui arracher son langouti.

Effrayé, l’ennemi s’enfui

Et notre glorieux vainqueur revient chez sa mère

pour lui demander de tuer des poules en l’honneur de sa victoire .

 

 

Nous voyons s’accumuler dans cette chanson des détails comiques : un général qui sait se tenir tout seul à cheval : quel prodige ! arracher son langouti à l’ennemi : quel héroïsme !

célébrer une victoire avec quelques poules : quelle magnificence !

 

 


Le soldat :


 

293. Cậu cai buông áo em ra Để em đi chợ, kẻo mà chợ trưa. Chợ trưa, rau đã héo đi,

Lấy gì nuôi mẹ, lấy gì nuôi em ?

Monsieur le Caporal, lâchez ma robe


Pour que j’aille au marché, sinon il serait trop tard. Et venant tard au marché, mes légumes seraient fanés,

Et avec quoi nourrirais-je ma mère et mes petits frères ?

 

 

Et voici des traits lancés contre les parasites de la société :

 

 


Le mauvais bonze :


 

294. Ba cô đội gạo lên chùa


Một cô yếm thắm bỏ bùa cho sư.

Sư về, sư ốm tương tư,

Ốm lăn, ốm lóc cho sư trọc đầu.

Ai làm cho dạ sư sầu,

Cho ruột sư héo như bầu đứt giây.

Trois demoiselles vont porter du riz à la pagode,

Et celle au couvre-sein vermeil a jeté un sort au bonze.

Depuis lors, le bonze est malade d’amour,

Mais malade au point de se rouler à terre, pauvre bonze à la tête rasée.

Combien cruelle êtes-vous d’avoir rendu le bonze si triste

Et fait ses entrailles se dessécher à l’égal de la courge prête à se détacher de sa plante !

 

 

Le géomancien vantard :

295. Hòn đất mà biết nói năng

Thì thầy địa lý hàm răng chẳng còn

Si la motte de terre savait parler

Le géomancien n’aurait pas sa mâchoire intacte !

 

 


Le devin évasif :


 

296. Số cô có mẹ có cha

Mẹ cô đàn bà, cha cô đàn ông.

Số cô có vợ có chồng,

Sinh con đầu lòng chẳng gái thì trai.


Votre sort ? Vous avez un père et une mère Votre mère est une femme, et votre père un homme . Quand vous serez mariée,

Votre ainé sera une fille ou bien un garçon.


Telles sont, comiquement exagérées pour devenir des lapalissades, les prédictions révélées par le devin.

 

 

Le sorcier n’est guère plus affirmatif lorsqu’il prétend invoquer les esprits des morts :

297. Hồn rằng hồn thác ban ngày

Thương cha nhớ mẹ, hồn rày thác đêm.

L’esprit dit qu’il a été mort pendant le jour

A moins que ce ne fût la nuit, car il pense douloureusement à ses parents.

 

 

 

 

Section III : OBSERVATIONS DIVERSES.

 

 

Sur la physiognomonie

 

 


Des cheveux :


 

298. Đàn bà tốt tóc thì sang

Đàn ông tốt tóc chỉ mang nặng đầu.


Une belle chevelure est signe de distinction chez les femmes

Mais ne fait qu’alourdir la tête chez les hommes.

 

 

Il n’y a pas plus d’un demi-siècle, les hommes portaient en effet les cheveux longs comme les femmes, enroulés en chignon sur la tête. L’histoire de la mode des cheveux courts a été racontée dans notre précédent ouvrage : Les chefs d’œuvre de la littérature vietnamienne.

 

 


Des yeux :


 

299. Người khôn con mắt đen sì Người dại con mắt nửa chì nửa than. L’intelligent a les yeux noir foncé

Tandis que ceux du sot tiennent pour moitié du plomb et pour moitié du charbon.


 

 

300. Những người ti hí mắt lươn

Trai thì trộm cắp, gái buôn chồng người.

Ceux dont les yeux sont tout petits comme ceux de l’anguille

Homme, sont des voleurs, et femmes, volent les maris des autres.


 

 


De la bouche :


 

301. Đàn ông rộng miệng thì sang

Đàn bà rộng miệng tan hoang cửa nhà.


Les hommes à grande bouche sont des hommes distingués, Mais les femmes à grande bouche ruinent la paix du ménage.

 

 


De la parole :


 

302. Thử chuông cho biết chuông ngân

Thử bạn đôi lần cho biết dại khôn.

Pour essayer une cloche, on la fait résonner ;


Pour savoir si une personne est sotte ou intelligente, il suffit de l’écouter parler quelques fois.

 

 

303. Người thanh tiếng nói cũng thanh Chuông kêu khẽ đánh bên thành cũng kêu. D’une personne élégante la parole est douce

Comme une cloche sonore qui, faiblement frappée, résonne ausitôt.

 

 

Du rire et de la démarche :

304. Vô duyên chưa nói đã cười

Chưa đi đã chạy là người vô duyên.

Sans grâce sont ceux qui rient avant de parler

Et ont l’air de courir quand ils ne font que marcher.

 

 

305. Những người phinh phính mặt mo

Chân đi chữ bát dù cho chẳng thèm.

Celles qui ont le visage bouffi comme une gaine d’aréquier

Et qui marchent les pieds écartés, je les refuserais même si on me les donnait gratis.

 

 


De la taille :


 

306. Những người thắt đáy lưng ong Đã khéo chiều chồng lại khéo nuôi con. Celles qui ont la taille svelte comme les abeilles


Soignent bien leurs maris et élèvent bien leurs enfants.


307. Những người béo trục béo tròn Ăn vụng như chớp đánh con rầm rầm. Celles qui sont grosses et toutes rondes Mangent en cachette aussi vite que l’éclair, et battent bruyamment leurs enfants.

 

 

Observations philosophiques :

 

 

Loi de l’impermanence :

308. Người đời khác thể phù du Sớm còn tối mất công phu lỡ làng. L’homme est pareil à l’éphémère ;

Ce qu’il acquiert le matin disparaît le soir, rendant vains tous ses efforts.

 

 

Loi de la causalité :

309. Ông cha kiếp trước khéo tu

Nên sanh con cháu võng dù nghêng ngang.

Parce que les ancêtres ont pratiqué la vertu autrefois

Les descendants se pavanent maintenant glorieusement en hamac et parasols.

 

 

Croyance à la fatalité :

310. Số giầu đem đến dửng dưng Lựa là con mắt tráo trưng mới giầu Số giầu tay trắng cũng giầu

Số nghèo chín đụn mười trâu cũng nghèo.

Si tu dois être riche, tu le sera sans effort

Sans même avoir besoin d’écarquiller tes yeux.

Si tu dois être riche tu le deviendras même si tu es actuellement sans fortune.

Mais si tu dois être pauvre, tu le deviendras même

si tu as actuellement neuf meules de paddy et dix buffles.

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