Chapitre V: Chansons Morales

21 Tháng Năm 201412:40 SA(Xem: 4119)

Les préceptes de morale exprimés dans les chansons peuvent être dogmatiques comme ceux exprimés dans les proverbes, dont les chansons ne diffèrent alors que par leur rythme chantant. Mais le plus souvent, elles contiennent un grain de sentimentalité qui les rend plus faciles à émouvoir le coeur des auditeurs. Nous distinguerons :

- les préceptes de morale générale

- ceux de morale familiale

- et ceux de morale sociale.

 

 

Section I. Morales Générales

 

 

I. D’appartenance confucianiste

 

 

La première place est évidemment donnée aux commandements de la morale confucéenne : être bon fils, bon sujet, bon époux.

1. Tu thân rồi mới tề gia

Lòng ngay nói vạy gian tà mặc ai .

Conduis-toi bien d’abord, pour bien diriger ta famille,

Et surtout garde ton coeur droit, exempt de toute souillure.

 

 

2. Làm trai giữ trọn ba giềng

Thảo cha, ngay chúa, vợ hiền chớ vong.

Tout homme doit observer les trois fondements de la morale : Être pieux envers son père, loyal envers son prince,

et fidèle à l’amour de sa femme.

 

 

3. Làm sao giữ trọn đạo ba

Sau dầu có thác cũng là thơm danh.

Pourvu qu’on observe les trois fondements de la morale


On peut mourir, son nom restera parfumé.

 

 

4. Công cha nghĩa mẹ chớ quên

Ơn vua lộc nước mong đền con ơi.

Mon enfant, n’oublie pas les bienfaits de tes parents,

Et pense à acquiter ta dette de reconnaissance envers ton prince et ton pays.

 

 

Voilà pour les garcons. Les filles, elles, sont surtout astreintes aux quatre vertus fondamentales de leur sexe :

5. Phận gái tứ đức vẹn tuyền

Dung, công, ngôn, hạnh, giữ gìn chớ sai. Toute fille doit observer les quatre vertus cardinales : Etre modeste dans son maintien, habile dans le travail,

douce dans ses paroles, et irréprochable dans sa conduite.

 

 

Dung, le maintien :

6. Bậu đừng đòi lãnh đòi lương

Vải bô bậu mặc thường thường thì thôi.

Pour vêtements, ne réclame ni la soie lustrée ni la gaze.

Et contente-toi des habits d’étoffe vulgaire.

 

 

Công, le travail :

7. Nào nghề bánh trái những là, Đến khi kỵ lạp trong nhà càng hay. Bán buôn canh cửi kia thay,

Sanh nhai phải giữ trong tay một nghề.

Bây giờ chẳng liệu thì quê,

Mai sau cùng túng, không nghề làm ăn.

Exerce-toi à confectionner des gâteaux

Qu’il serait bon d’avoir aux jours d’anniversaire, À faire du commerce ou à tisser de la toile Pour avoir un métier qui te nourrira.

Si tu négliges de t’y exercer,

La pauvreté venue, comment ferais-tu pour vivre ?

 

 

Ngôn, la parole :

8. Chim khôn kêu tiếng rảnh rang


Người khôn nói tiếng dịu dàng dễ nghe.

Le bon oiseau possède un chant mélodieux ;

De même, une personne sage doit avoir un langage agréable.

 

 

Hạnh, le caractère :

9. Tốt gỗ hơn tốt nước sơn,

Xấu người đẹp nết còn hơn đẹp người.

Ainsi que du bois solide est préférable à du bois bien peint, Un bon caractère vaut mieux qu’un beau visage.

 

 

Dans les autres préceptes de morale générale, l’accent est mis sur les points suivants :

 

 

Conserver une bonne réputation :

10. Trăm năm bia đá thì mòn Nghìn năm bia miệng hãy còn trơ trơ. Au bout de cent ans, la stèle de pierre s’use,

Mais dans mille ans ce qui se transmet de bouche à bouche vivra toujours.

 

 

11. Chữ rằng hổ tử lưu bì,

Làm người phải để danh gì hậu lai.

Le tigre laisse sa peau à sa mort, L’homme doit laisser en mourant sa réputation.

 

 

12. Trong đầm gì đẹp bằng sen

Lá xanh bông trắng lại chen nhị vàng.

Nhị vàng, bông trắng, lá xanh,

Gần bùn mà chẳng hôi tanh mùi bùn.

Rien n’est plus beau dans l’étang que le lotus

Dont les feuilles sont vertes et les fleurs blanches avec des étamines jaunes.

Étamine jaunes, fleurs blanches, feuilles vertes,

Le lotus vit dans la vase mais n’en prend pas la mauvaise odeur.

 

 

Bien travailler, être résolu et patient :

13. Có vất vả mới thanh nhàn

Không dưng ai dễ cầm tàn che cho ?

C’est à force de travailler qu’on gagne des loisirs honorables.


À ne rien faire, vous n’aurez jamais l’honneur qu’on porte un parasol pour vous escorter.

 

 

14. Có khó mới có cái ăn

Không dưng ai bỗng mang phần tới cho ?

C’est à force de peiner qu’on trouve à manger.

A ne rien faire, pouvez-vous espérer que les autres vous apportent leur part?

 

 

15. Người đời ai khỏi gian nan, Gian nan có thủa, thanh nhàn có khi. Qui peut éviter les difficultés de la vie ?

C’est en les affrontant qu’on acquiert des loisirs pour plus tard.

 

 

16. Tầm Vương tơ, nhện cũng Vương tơ

Mấy đời tơ nhện được như tơ tầm ?

Comme le ver-à-soie tisse son cocon, l’arraignée tisse aussi sa toile. Mais comment la toile d’arraignée pourrait-elle être comparée à la soie ?

 

 

17. Ai ơi chẳng chóng thì chầy Gắng công mài sắt có ngày nên kim. Sachez que tôt ou tard,

A aiguiser le fer on obtiendra une aiguille.

 

 

18. Ai ơi đã quyết thi hành

Đã đốn thì vác cả cành lẫn cây.

Ce qui est décidé soit exécuté immédiatement,

Et qu’après avoir abattu l’arbre on l’emporte avec toutes ses branches.

(Il faut accepter toutes les conséquences, quelles qu’elles soient, de ses actes)

 

 

Eviter les vices : le jeu, l’ivrognerie :

19. Cờ bạc là bác thằng bần

Cửa nhà bán hết tra chân vào cùm.

Le jeu engendre la misère,

Vous dépouille de tous vos biens, et vous mène en prison.

 

 

20. Cờ bạc là bác thằng bần


Áo quần bán hết ngồi trần tô hô.

Le jeu engendre la misère,

Vous enlève tous vos vêtements, et vous laisse nu comme un ver.

 

 

21. Rượu nào rượu lại say người

Bớ người say rượu chớ cười rượu say.

Ce n’est pas l’alcool qui enivre l’homme.

Ivrogne, c’est toi qui t’enivres de l’alcool que tu ne dois pas accuser de ton ivresse.

 

 

Etre modeste, et se contenter de son sort :

22. Ai nhất thì tôi thứ nhì

Ai mà hơn nữa, tôi thì thứ ba.

Si quelqu’un veut être premier, je serai le second ;

Et si quelqu’un autre arrive à la compétition, je serai le troisième.

 

 

23. Trăng khoe trăng tỏ hơn đèn

Sao trăng lại phải chịu lòn đám mây ?

Đèn khoe đèn tỏ hơn trăng

Đèn ra trước gió được trăng hỡi đèn ?

La lune se vante d’être plus brillante que la lampe,

Mais pourquoi la lune est-elle parfois cachée derrière les nuages ?

La lampe se vante d’être plus brillante que la lune, Mais, ô lampe, peux-tu rester allumée devant le vent ?

(Il s’agit de la lampe à huile d’autrefois, constituée simplement par une assiette d’huile où plonge une mèche de coton)

 

 

24. Trông lên mình chẳng bằng ai, Trông xuống dễ đã có ai bằng mình.

Si tu regardes en haut, tu ne vaux personne,

Mais si tu regardes en bas, bien peu de gens t’égalent.

 

 

25. Cây cao thì gió càng lay

Càng cao danh vọng càng dày gian truân.

Plus élevé est l’arbre, et plus le vent le secoue.

Plus grands sont les honneurs, et plus les dangers vous menacent.


Et voici le conseil donné par les villageois à ceux qui, aveuglés par le luxe des villes, sont tentés de s’y aventurer imprudemment :

26. Ai đi đường ấy mặc ai

Ta về cấy ruộng trồng đồi ta ăn

Đỉnh chung là miếng nợ nần

Hay chi bó buộc mà lăn lưng vào ?

Mưa xuân phơi phới vườn hồng, Ta về đắp đất ta trồng lấy cây. Trồng lấy cây mong ngày có quả, Can chi mà vất vả như ai ?

Long đong nay ngược mai xuôi, Đỉnh chung là cạm trên đời hay chi ? Ai giầu thì mặc ai giầu,

Ta về ta ở hái dâu chăn tầm.

Ta chăn tầm, lấy tơ ta dệt, May áo quần khỏi rét, ai ơi ! Tham chi tấm áo của người,

Họ cho ta mặc, lại đòi lấy ngay

Tant pis pour ceux qui s’en vont, Revenons cultiver nos rizières et nos collines. La fortune est une source de soucis,

Pourquoi se jeter à sa recherche imprudemment ?

Tenez, le crachin du printemps flotte délicatement sur nos jardins de roses.

Et nous invite à revenir soigner nos potagers.

Ils nous fourniront un jour des fruits

Sans que nous ayons besoin de nous donner tant de peine ! Beaucoup de peines les autres se donnent, en courant à droite et à gauche, Mais la fortune n’est qu’un piège, ô mes amis !

S’ils s’enrichissent, tant mieux pour eux ! Quant à nous, rentrons pour élever des vers-à-soie Qui nous donneront du fil que nous tisserons,

Et dont nous ferons des vêtements qui nous tiendront au chaud.

Pourquoi convoiter les vêtements des autres ?

Ils nous les donnent, et puis nous les reprendront !

 

 

II.- D’ispiration révolutionnaire et taoïste


A côté de ces conseils qui dérivent de l’enseignement orthodoxe confucéen et qui préconisent surtout le respect de l’ordre social, nous en trouvons d’autres qui procèdent de deux tendances différentes.

L’une, qu’on pourrait appeler la théorie du héros, excite à la lutte contre les injustices sociales et à la poursuite d’une vie héroique. Le Confucianisme, à vrai dire, n’y est pas opposé radicalement, et ses représentants les plus illustres, Nguyễn Công Trứ par exemple, ont fait magnifiquement l’éloge du héros. Mais le Confucianisme, base et soutien de la monarchie absolue, ne comprend le héros que sous les traits d’un lettré, disons mieux, d’un aris- tocrate, qui réprime les rebelles pour consolider l’ordre social. Les chansons populaires, au contraire, sont issues des classes inférieures de la population, classes qui n’ont, dans la doctrine confucéenne, qu’un devoir : obéir et se soumettre. Et les classes inférieures de la population se sont insurgées contre cette morale oppressive dans des chansons innombrables :

27. Ở đời muôn sự của chung,

Hơn nhau một tiếng anh hùng mà thôi.

Les biens de ce monde appartiennent à tout le monde, Et l’on ne se distingue des autres que par son héroïsme.

 

 

28. Nên ra tay kiếm tay cờ Chẳng nên thì chớ, chẳng nhờ tay ai. Làm trai cho đáng nên trai,

Xuống Đông, Đông tĩnh, lên Đoài, Đoài tan.

Si l’occasion s’en présente, brandissons d’une main l’épée et de l’autre l’oriflamme,

Et que nous réussissons ou non, abstenons-nous de solliciter l’aide de personne.

Puisqu’on est un homme, il faut l’être superbement :

Que l’Est soit pacifíe si l’on va à l’Est, et que les ennemis de l’Ouest soient écraséssi l’on porte ses pas à l’Ouest.

 

 

29. Đã sinh ra kiếp đàn ông

Đèo cao, núi thẳm, sông cùng quản chi.

Puisque nous sommes des hommes,

Ni cols élevés, ni montagnes escarpées,

ni fleuves profonds ne sauraient arrêter nos pas.


30. Đây ta như cây giữa rừng

Ai lay chẳng chuyển, ai rung chẳng rời.

Je suis comme un arbre au milieu de la forêt

Qui reste toujours ferme, qu’on le secoue ou qu’on l’ébranle.

 

 

31. Làm trai chí quyết tang bồng

Sao cho tỏ mặt anh hùng mới cam.

Chaque homme doit poursuivre l’aventure avec l’arc et la flèche

Et il n’aura pas réalisé sa vie tant qu’il ne se sera pas montré un héros.

 

 

32. Ru hơi ru hỡi ru hời

Làm trai đứng ở trên đời

Sao cho xứng đáng giống nòi nhà ta.

Ghé vai gánh vác sơn hà

Sao cho tỏ mặt mới là trượng phu.

Dodo, fais dodo, mon garçon ! Si tu veux tenir ta place au soleil,

Tu devras te montrer digne de ta race,

Porter sur tes épaules la charge des monts et de fleuves, Et te faire reconnaître pour un héros.

 

 

S’il n’est pas donné à tout homme l’occasion de se montrer héroïque, qu’au moins il s’efforce de voyager de par le monde plutôt que de s’accrocher aux jupes de sa maman :

33. Đi cho biết đó biết đây

Ở nhà với mẹ biết ngày nào khôn.

Il faut aller de ci de là pour s’intruire.

Si on reste toujours auprès de sa mère, comment pourrait-on acquérir l’expérience ?

 

 

34. Làm trai cho đáng nên trai

Phú Xuân cũng trải, Đồng Nai cũng từng.

Quand on a l’honneur d’être un homme, il faut s’en montrer digne

En s’aventurant partout, de Phú Xuân jusqu’à Đồng Nai.

 

 

35. Rộng đồng mặc sức chim bay

Biển hồ lai láng mặc tình cá đua.


L’oiseau vole librement au-dessus des champs immenses,

Et le poisson s’en donne à coeur joie au milieu des lacs et des océans.

 

 

La deuxième tendance procède de l’influence taoïste qui imprègne profondément le commun peuple tout autant que la classe des lettrés. Cette tendance est la jouissance de la vie, mais une jouissance sensuelle, matérielle entière, et non plus limitée comme chez les lettrés aux plaisirs délicats de la musique, des échecs, de la poésie et de la peinture (cầm, kỳ, thi, họa). Elle explosera, comme nous le verrons au chapitre suivant, dans l’expression de l’amour. Dans le présent chapitre, nous nous bornerons à glaner quelques chansons qui expriment l’ardeur de jouissance dans le commun peuple :

36. Ai ơi chơi lấy kẻo già Măng mọc có lứa, người ta có thì Chơi xuân kẻo hết xuân đi,

Cái già sồng sộc nó thì theo sau.

Amusons-nous avant que n’arrive la vieillesse,

Car la pousse de bambou n’a qu’une époque, et l’homme qu’une saison.

Jouissons du printemps avant qu’il ne prenne fin,

Et que la vieillesse brutalement ne vienne nous rejoindre.

 

 

37. Anh ôi uống rượu thì say,

Bỏ ruộng ai cầy, bỏ giống ai gieo ?

Còn trời, còn nước còn non,

Còn cô bán rượu, anh còn say sưa.

- Ô mon chéri, tu sera ivre si tu bois,

Et qui labourera tes champs, qui sèmera ton grain ?

- Tant que dureront le ciel, les fleuves et les monts,

Tant qu’il restera une marchande d’alcool, je me plairai dans l’ivresse.

 

 

Section II. MORALE FAMILLIALE I.- Devoirs des parents

Leur principal devoir est de s’occuper de l’éducation de leurs enfants pour qu’ils deviennent plus tard des braves garçons et des filles vaillantes. Nos mœurs condamnent sévèrement les parents qui négligent ce soin par avarice, par sécheresse de coeur ou pour tout autre motif :


38. Đẻ con chẳng dạy chẳng răn, Thà rằng nuôi lợn cho ăn lấy lòng.

Avoir des enfants et ne pas les éduquer, c’est insencé.

Mieux vaudrait nourir des porcs pour se régaler de leurs viscères !

 

 

Mais la tendresse paternelle et maternelle peut être aveugle, et conduire certains parents à amasser des richesses pour les léguer à leurs enfants. La sagesse populaire les met en garde contre cette pratique :

39. Có con gây dựng cho con, Gọi là nối đức tổ tiên dõi truyền.

Quand on a des enfants, il faut assurer leur avenir Pour que la vertu des ancêtres puisse être continuée de génération en génération.

 

 

L’important est en effet de léguer, non pas tant la fortune qui pourrait être dissipée par des enfants habitués au luxe et à la fainéantise, mais la sagesse et la vertu. Et pour atteindre ce but, les parents doivent donner l’exemple en restant eux-mêmes sages et vertueux. C’est ce qu’exprime la chanson suivante, qui raisonne non d’après la force de l’exemple, mais d’après la croyance des Vietnamiens à la loi de causalité : Du bien sort le bien, du mal sort le mal.

40. Cây xanh thì lá cũng xanh, Cha mẹ hiền lành để phúc cho con. Mừng cây rồi lại mừng cành,

Cây đức lắm chồi, người đức lắm con.

De même que l’arbre vert produit des feuilles vertes, Les parents vertueux lèguent le bonheur à leur enfants. Louons l’arbre, et louons les branches.

L’arbre de vertu a beaucoup de bourgeons, comme l’homme vertueux a beaucoup d’enfants.

 

 

II. Devoirs des enfants

 

 

La piété filiale est considérée par les peuples de culture confucéenne comme le premier devoir de l’homme, le substratum et la condition de tous les autres.


Les mères l’enseignent à leurs enfants :

41. Ru hơi, ru hỡi, ru hời, Công cha như núi ngất trời,

Nghĩa mẹ như nước ở ngoài biển Đông.

Núi cao biển rộng mênh mông, Cù lao chín chữ ghi lòng con ơi. Dodo, fais dodo, mon enfant !

Les bienfaits de ton père sont pareils aux montagnes qui escaladent le ciel, Et ceux de ta mère ressemblent à l’eau qui remplit l’Océan de l’Est. Comme les montagnes élevées, comme les océans immenses,

Grave en ton coeur, enfant, les sacrifices que tes parents se sont imposés

pour toi.

 

 

La soeur ou le frère ainé l’enseigne à ses cadets :

42. Cau non bổ khéo cũng dầy

Trầu têm cánh phượng để thầy ăn đêm. Ayons soin de bien découper cette tendre noix d’arec Et d’enrouler en aile de phénix cette feuille de bétel

pour les offrir à papa qui les mastiquera pendant la nuit.

 

 

43. Em thì đi cấy lấy công

Để anh nhổ mạ tiền chung một lời.

Đem về cho bác mẹ sơi, Làm con phải thế em ơi ! Frerot, va au repiquage

Tandis que je vais arracher des semis. Nos gages, nous les porterons à nos parents. Ainsi doivent agir les enfants, frérot !

 

 

Les vieillards l’enseignent aux jeunes :

44. Con người có bố có ông,

Như cây có cội, như sông có nguồn. Chaque homme a son père et son grand-père Comme l’arbre a ses racines, et le fleuve sa source.

 

 

45. Thờ cha mẹ ở hết lòng

Ấy là chữ hiếu dạy trong luân thường.


Chữ đễ nghĩa là nhường

Nhường anh, nhường chị, lại nhường người trên.

Ghi lòng tạc dạ chớ quên,

Con em phải giữ lấy nền con em.

Servir ses parents de tout son coeur,

Tel est le devoir de piété filiale, le premier des devoirs moraux.

Déférence a le sens de soumission, Soumission à son frère, à sa soeur, et à tous les ainés. Retiens bien ces préceptes au fond de ton coeur :

Le fils et le cadet doivent se conduire en fils et cadet.

 

 

Ce devoir de piété filiale s’impose d’autant plus que les parents ne vivent pas éternellement avec leurs enfants. Quels reproches sanglants ceux-ci auraient à se faire si leurs parents venaient à mourir avant qu’ills eussent le temps de leur consacrer des soins pieux !

46. Cây khô chưa dễ mọc chồi Bác mẹ chưa dễ ở đời với ta. Non xanh bao tuổi mà già,

Bởi vì sương tuyết hóa ra bạc đầu.

Sur l’arbre desséché ne sauraient pousser les bourgeons, Comme nos parents ne sauraient vivre éternellement avec nous.

Les montagnes vertes finissent par vieillir

Car la neige et le brouillard feront blanchir leur crêtes.

 

 

III. Devoirs des frères et soeurs

 

 

Nous en avons parlé incidemment à propos de la piété filiale. L’affection fraternelle n’est en effet au fond qu’une forme de la piété filiale. Si l’on aime bien ses parents, on doit aussi aimer ses frères et ses soeurs, et le fils pieux se double toujours d’un bon frère.

47. Anh em nào phải người xa

Cùng chung bác mẹ, một nhà cùng chung.

Yêu nhau như thể tay chân,

Anh em hòa thuận hai thân vui vầy.

Les frères ne doivent pas se considérer comme des étrangers Car ils ont mêmes parents, car ils vivent sous le même toit. En les voyant unis comme les membres d’un même corps,


Leurs parents ont le coeur réjoui.

 

 

Malheureusement des questions d’intérêt divisent parfois les frères, qui doivent cependant les négliser en pensant à leurs parents :

48. Khôn ngoan đá đáp người ngoài

Gà cùng một mẹ chớ hoài đá nhau.

Si tu as de la valeur, mesure-toi avec les étrangers, Mais que les poussins d’une même poule ne se donnent pas des coups de patte !

 

 

Mieux que cela, la morale traditionnelle enseignait la suprématie de l’affection fraternelle sur l’amour conjugal :

49. Anh em như thể chân tay

Vợ chồng như áo đổi thay nên lìa.

Les frères sont comme les membres d’un même corps,

Tandis que le conjoint n’est qu’un vêtement dont on peut se séparer.

(En effet, un veuf ou une veuve peut se remarier, tandis qu’une soeur ou un frère mort est perdu définitivement. Tout de même, cette conception morale qui assimilait le conjoint à un vêtement interchangeable choque

quelque peu nos idées modernes.)

 

 

Section III. MORALE SOCIALE

 

 

Comme les proverbes, les chansons populaires enseignent la courtoisie, l’humanité, la gratitude, la solidarité, l’amitié, et enfin le patriotisme.

 

 


La courtoisie :


 

50. Lời nói chẳng mất tiền mua


Lựa lời mà nói cho vừa lòng nhau

Kim vàng ai nỡ uốn câu

Người khôn ai nỡ nói nhau nặng lời.

La parole ne coûte rien à dire ;

Choisissons donc des mots agréables pour contenter ceux à qui nous parlons.

On ne fait pas un hameçon avec une aiguille d’or,

De même, on n’emploie pas des paroles dures entre gens sensés.


L’humanité envers les domestiques :

51. Kẻ ăn người ở trong nhà

Sớm khuya công việc giúp ta nhọc nhằn

Thương người đầy đọa chút thân Chớ nên ngược đãi, lòng nhân mới là. Les gens qui sont à notre service

Doivent se lever tôt et se coucher tard, pour travailler péniblement.

Ayons donc pitié de leur sort malheureux

Et ne les maltraitons pas par humanité.

 

 


La gratitude :


 

52. Ơn ai một chút chớ quên


Phiền ai một chút để bên cạnh lòng.

N’oublie aucun des bienfais des autres, Mais leurs torts envers toi, mets-les de côté.

 

 


La solidarité :


 

53. Một cây làm chẳng nên non Ba cây chụm lại nên hòn núi cao. Un arbre isolé ne fait pas une colline,


Mais trois arbres assemblés font une haute montagne.

 

 


L’amitié :


 

54. Thói thường gần mực thì đen Anh em bạn hữu phải nên chọn người Những người lêu lổng chơi bời

Cùng là lười biếng, ta thời tránh xa. Puisque l’on se noircit près de l’encre, Choisis bien tes amis.

De ceux qui s’adonnent au plaisir

Et à la paresse, écarte-toi.


 

 

55. Bạn bè là nghĩa tương tri

Sao cho sau trước một bề mới cam.

Etre amis, c’est se comprendre

Et se conduire loyalement vis-à-vis l’un de l’autre jusqu’au bout.


56. Ai sang đò ấy bây giờ Ta còn ở lại ta chờ bạn ta . Mưa nguồn chớp bể xa xa Ấy ai là bạn của ta, ta chờ.

Que les autres passent le bac maintenant, Je reste pour attendre mon ami.

Que la pluie tombe sur les forêts, que l’éclair illumine la mer, J’attendrai pour passer que vienne mon ami.

(rester fidèle à son ami malgré les vicissitudes de la vie)

 

 


Le patriotisme :


 

57. Chim có tổ , cáo có hang,


Người ta có nước, có làng, ai đi ?

Con người có tổ, có tông,

Cái cây có cội, con sông có nguồn.

L’oiseau a son nid, le renard a sa tanière ;

De même, l’homme a son pays et son village : comment les abandonner ?

Chacun d’entre nous a ses ancêtres,

Comme l’arbre a ses racines, et le fleuve sa source.

 

 

58. Ta về ta tắm ao ta,

Dù trong dù đục ao nhà vẫn hơn.

Trâu ta ăn cỏ đồng ta,

Tuy rằng cỏ cụt nhưng mà cỏ quê.

Revenons nous baigner dans notre mare ;

Que l’eau en soit claire ou trouble, c’est toujours notre mare à nous.

Ainsi nos buffles broutent l’herbe du pré communal ;

Si l’herbe en est courte, c’est toujours l’herbe de nos prés.

 

 

59. Nhiễu điều phủ lấy giá gương

Người trong một nước thì thương nhau cùng.

Ainsi que le crêpe rose recouvre le support du miroir,

Que les gens d’un même pays soient unis dans une même affection !

 

 

60. Bầu ơi thương lấy bí cùng

Tuy là khác giống nhưng chung một giàn. Aimez-vous mutuellement, citrouille et courge,


Car, bien que d’espèces différentes, vous poussez sous la même tonnelle.

 

 

Cette chanson fait appel aux différentes races qui peuplent le territoire vietnamien (Mán, Mèo, Mường, Thái, Thổ, etc.) et qui doivent former un bloc uni contre l’envahisseur étranger.

 

 

61. Non non, nước nước, khơi chừng Ái ân hai chữ xin đừng có quên. Tình sâu mong trả nghĩa đền

Đừng vui chốn khác mà quên chốn này.

Nước vơi rồi nước lại đầy

Tình kia chưa trả, nghĩa này chớ quên ! À ces montagnes élevées, à ces eaux immenses, N’oublions pas de réserver tout notre amour.

Aimons notre patrie, acquittons nos devoirs envers elle, Et ne l’oublions pas pour les plaisirs que pourraient nous procurer les terres étrangères.

Les fleuves peuvent être vidés, ils se rempliront de nouveau1

Ainsi donc, aimons toujours notre patrie, et n’oublions pas nos devoirs envers elle.

 

1 La patrie peut perdre momentanément son indépendance, elle la récupérera un jour.

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